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37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

La phobie scolaire

29/09/2015
Auteur : Melle Majdalani

Anxiété / TOC

Comprendre la phobie scolaire pour mieux la traiter.

De prime abord


Un enfant qui refuse dʼaller à lʼécole est catalogué de prime abord par lʼentourage de capricieux ; il peut être accusé de manipulation affective ou tout au moins, dʼexercer des moyens de pression ou de chantage sur ses parents. Ces derniers ressentent parfois lʼobligation dʼaffirmer leur autorité à tout prix, au risque dʼadopter des aberrations comportementales, comme les leçons de moral à outrance, la punition chronique, la menace ou dʼautres types de comportements loufoques.

La phobie scolaire est la bête noire des parents. « Que va devenir notre enfant ? », sʼinquiètent-ils. Impuissants, ils ne savent plus quoi faire face à ce refus scolaire, qui les confronte, avec lʼanxiété que cela engendre, un peu précocement à lʼavenir de leur enfant, sans parler de lʼobligation de scolarisation qui leur incombe. La société ainsi que le contexte économique actuels exercent une pression suffisamment sur ses membres pour que lʼenfant qui refuse lʼécole, plonge ses parents dans un désarroi profond, la réussite scolaire jouant un rôle prépondérant dans la future carrière professionnelle. Cʼest la deuxième cause de consultations dans ma clinique quotidienne, après les crises de colère.

Or, la phobie scolaire nʼest une phobie pas comme les autres. Ce qui empêche lʼenfant dʼemprunter le chemin de lʼécole, ce qui provoque la phobie en tant que telle, nʼest pas le bâtiment en soi, mais la situation dans laquelle lʼenfant est mis. Dʼailleurs, depuis une vingtaine dʼannées, on parle plus de refus scolaire anxieux. Dʼailleurs, lʼenfant qui refuse dʼaller à lʼécole est en proie à des peurs qui le dépassent : peur de se séparer de ses parents, peur dʼéchouer, peur des autres ou parfois, il peut être le signe de trouble plus graves comme la dépression ou une entrée en schizophrénie.
Face à cette peur, il existe heureusement des solutions adaptées, destinées autant aux parents (dont il faut absolument tenir compte dans la prise en charge thérapeutique) quʼà leurs bambins, pris aux affres de lʼangoisse.

Définition de la phobie scolaire


La phobie scolaire est une forme particulière de phobie. Elle se distingue des phobies classiques, de la phobie sociale (la timidité pathologique) ou de lʼagoraphobie (phobie des espaces ouverts et fermés). Elle serait apparue vers la fin du XIXème siècle, suite à lʼobligation de scolarisation des enfants dans les pays occidentaux. Elle a tardé à être reconnue comme une entité clinique distincte des troubles du comportement et de la délinquance. Jung, en 1913, fut le premier à lʼévoquer dans ses écrits en faisant référence à un « refus névrotique dʼaller à lʼécole ».

Plus récemment, nous observons une tendance à remplacer lʼexpression phobie scolaire par « refus anxieux de lʼécole », cette appellation étant considérée comme plus athéorique et plus descriptive. De plus, la phobie scolaire nʼest pas une phobie à proprement parler ; il faut absolument éviter toute confusion avec les phobies dʼobjets que lʼon retrouve classiquement en clinique de lʼenfant.

Chez les enfants, le refus anxieux de lʼécole apparaît généralement après une absence (période de vacances, maladie soignée à la maison etc.) ou suite à un évènement significatif particulier (comme le changement dʼécole, de classe ou dʼenseignant, le déménagement, le départ dʼun ami, la maladie ou le décès dʼun proche).

Selon King et Berstein (cités dans Marcelli, 2009), les manifestations de phobies scolaires sont observées à certains âges clés (considérés comme des phases de transition dans la vie scolaire du jeune) :
  • lʼentrée à lʼécole maternelle puis en primaire (cinq à sept ans)
  • lʼentrée au collège puis lʼentrée en cycles secondaires (10-11 ans et 13-15 ans).

  • Mille (1993) affirme que la plupart des phobies scolaires surviennent dans la tranche dʼâge de 8 à 13 ans, avec une fréquence maximale vers 11 ans, cʼest-à-dire lʼâge correspondant au passage du primaire au secondaire.

    Les différents visages de la phobie scolaire


    Les symptômes les plus fréquemment rencontrés sont :
  • lʼanxiété,
  • lʼagressivité,
  • les plaintes somatiques (maux de tête, maux de ventre, nausées, vomissement etc.),
  • et les pleurs.
  • On retrouve également, chez certains jeunes, des symptômes dépressifs et des troubles du sommeil. À cause de la variété de ses expressions, le refus scolaire anxieux nʼest pas toujours facile à diagnostiquer. Pour Quéré, «lʼangoisse, le désir impérieux de rester à la maison et lʼintérêt conservé pour la scolarité constituent une triade très évocatrice de phobie scolaire devant rapidement conduire au diagnostic » (Quéré, 1984)

    On note parfois lʼapparition de crises lorsque lʼenfant se trouve obligé dʼaller à lʼécole. À ce moment, celui-ci panique, pleure, tente de se sauver, crie, implore ses parents de le laisser rester à la maison, ce comportement pouvant être accompagné dʼagressivité. Lʼenfant manifeste fréquemment les malaises physiques détaillés ci-haut. Durant ces crises, lʼenfant est dans un tel état de dʼanxiété quʼon ne peut le raisonner. Denis (2005) ajoute que lʼon peut assister à de véritables crises de panique de la part de lʼenfant. Les tentatives de persuasion, les promesses, les menaces, les punitions, la violence ou la détresse des parents sont sans effet. Tout autant que les pressions exercées pas un tiers (Mille, 1993, p. 226).

    Desombre, Fourneret, Revol et De Villard (citées dans Denis, 2005) rappellent que certains symptômes peuvent apparaître également en anticipation de la situation scolaire, le dimanche soir, par exemple. En revanche, dès que la contrainte dʼaller en classe est abandonnée, lʼenfant se calme, promet dʼaller à lʼécole plus tard, investit ses devoirs. Il peut même rattraper son retard scolaire à la maison.

    Dans la phobie scolaire, lʼenfant tente de justifier son refus par des arguments rationnels telles que la moquerie ou la méchancetés des camarades, mais il demeure un écart flagrant entre les arguments avancés et lʼétendue de son angoisse.

    Petite peur passagère ou trouble plus handicapant


    Comme tous les troubles chez lʼenfant mais également chez lʼadulte, on ne peut pas se contenter du symptôme (le refus dʼaller à lʼécole) en tant que tel. Même si lʼon recommande de consulter dès lʼapparition des premiers signes, les facteurs principaux qui prédisent la sévérité dʼexpression et la gravité de la phobie scolaire sont lʼâge dʼapparition, les déclencheurs, la durée et lʼintensité des symptômes (avant lʼintroduction dʼune aide) le type de relations familiales (et leur rôle dans le développement de ce trouble) et les caractéristiques de la personnalité de lʼenfant.

    Les perceptions anxieuses chez les enfants anxieux


    Souvent la perception de lʼenvironnement est déformée. On parle de distorsions cognitives. Lʼenfant anxieux est hypervigilant, il est attentif à toute menace potentielle de son environnement. Il détectera plus rapidement une situation négative ou potentiellement menaçante. Il notera par exemple plus lʼenfant qui refuse de jouer avec lui que celui qui lui sourit. Il ne sélectionne et ne retient donc que les situations qui le dévalorisent. Il ne souviendra, lors dʼun exposé devant la classe, que des deux personnes qui ont ri entre eux, et non de lʼensemble qui a écouté attentivement, captivé par son discours, et encore moins des félicitations du maître.

    Les zones cérébrales impliquées


    Il découle dʼun déséquilibre entre le centre qui produit la peur, lʼamygdale, et son régulateur, le cortex préfrontal. Lors dʼune réaction de peur immédiate, lʼamygdale réagit, sans analyse, aux informations collectées par le thalamus. Face à une impression de menace, nous avons tendance à reculer spontanément. Ce nʼest quʼaprès lʼintervention du cortex préfrontal que lʼon va interpréter de manière différente les informations disponibles. La réaction de peur diminue et laisse la place à une réaction plus appropriée. Chez les enfants anxieux, on note une plus grande activation de lʼamygdale. De plus, bien que le cortex préfrontal est activé, il échoue à jouer son rôle de modérateur, dʼoù des réponses émotionnelles disproportionnées et une hypervigilance anxieuse.

    Les thérapies des refus scolaires


    Il existe des psychothérapies ciblées (comme les TCC) qui se donnent comme objectif thérapeutique dʼaider lʼenfant à réguler sa peur, à travers lʼexposition mais également en améliorant sa perception biaisée par les mécanismes cognitifs de lʼangoisse. Ce sont des thérapies brèves et structurées, à lʼinstar du modèle développé par David Heyne intitulé le « @school program », en 10 à 14 séances (Heyne & Rollings, 2002).

    En plus de travailler le cas échéant sur lʼanxiété de séparation, lʼanxiété de performance, lʼanxiété sociale et évidemment, sur les troubles plus dominants comme les troubles de lʼhumeur, il est nécessaire de prendre en charge le jeune et ses parents, voire dʼentrer en contact avec lʼécole. Impliquer les différents protagonistes dans le processus thérapeutique est nécessaire dans le cas du refus scolaire anxieux.

    Lʼobjectif de la thérapie étant dʼapprendre au jeune à maîtriser sa peur et à régler les problèmes annexes ou sous-jacents à son anxiété, dʼéviter la déscolarisation ou de le rescolariser, diminuer lʼisolement social et empêcher lʼévolution vers des troubles plus graves (comme les dépressions sévères, les tentatives suicides ou autres)
    Mais également dʼaider les parents dont le rôle est souvent crucial, à adopter un comportement constructif, au-lieu de renforcer négativement le comportement dʼévitement anxieux.

    octobre 2015


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