Association CTAH-Recherche

Anxiété / TOC

Bipo / Cyclo

Dictionnaire

Témoignages

Catégories

Anxiété : études

Attaques de panique

Burnout

Diagnostic

Mots du TOC (MOTOC)

Techniques pour lutter contre les TOC

Thérapie de groupe pour le TOC

Thérapie individuelle pour le TOC

La phobie scolaire

Bipolarité adulte

Bipolarité et Sida

Bipolarité infanto-juvénile

Personnalité borderline

Dico de l’Humeur

MOTOC

PEDIA - MOTOC

Psychiatrie générale

Amour, sexe, couples

Bipolarité

Borderline

Comorbidité

Cyclothymie

Femmes bipolaires

Information-Psychoéducation-Découverte du diagnostic

La cyclothymie juvénile

Réaction dʼactu

Scènettes de vécu bipolaire

Se soigner

Vécu sous traitement

Bipolaire et suicidaire

Sous-catégories

Amour, sexe, couple

Avis des cyclothymiques

Bipo/Cyclo et Créativité - Célébrités

Concepts / Classification

Cyclothymie

Evolution / Risques

Frontières / masques trompeurs

Hypomanie / Manie

Rythmes

Spectre bipolaire : dépistage

Tempéraments

Traitements

Un peu d’histoire

Adolescents bipolaires

Adolescents et dépression

Colère : crises et émotions fortes

Diagnostic

Je suis un parent dépassé par les crises de mon enfant bipolaire

Scolarité des cyclothymiques

Soigner et comprendre les jeunes bipolaires

Troubles alimentaires

Cérémonial - Comptage

Colère - Dépression

Collection

Compulsivité - Contrôle

Consommation

Contamination

Contrainte - Conscience

Contrat - Possession

Croyance - Religion

Culpabilité

MOTOC divers

Documents

Un self-management spécifique pour la cyclothymieUn exercice utile pour sonder son espritUn Bon traitement pour la cyclothymieSurconsommation des antidépresseurs chez les patients bipolairesStress et charge allostatiqueSe soigner sans que la vie devienne ennuyeuseQuels sont les risques des anti-dépresseurs dans la bipolarité ?Prise en charge psychologique de la dépression bipolairePremiers traitements des nouveaux bipolairesPeut-on se passer dʼantidépresseurPeut-on considérer le Trouble bipolaire comme une maladie organique ?Oméga3 et troubles de l’humeurN-AcétylCystéine (NAC) dans les troubles bipolaires et les troubles associésManie, acide urique et goutte : quels rapports ?Lithium augmentation dans les dépressions résistantesLes cyclothymiques sont-ils à ce point difficiles à soigner ?Les bonnes séquences pour soigner la cyclothymieLe bonheur et lʼApprentissage de lʼÉchec selon Tal Ben ShaharLa TCC est-elle efficace contre la dépression ? La remédiation cognitive chez les patients souffrant de troubles anxieux et de lʼhumeurKetamine et bipolarité résistanteIntroduction à la thérapie des schémasIntolérance à LamotrigineImpossibilité de changer le tempéramentImpact des tempéraments sur la santé physiqueHygièene de vie pour les bipolairesEMDREfficacité du Xeroquel® dans le spectre bipolaireDépression, bipolarité et inflammation chroniqueChoix des thymorégulateursCharge allostatique, cortex préfrontal et amygdaleBonheur et Optimisme selon SeligmanBipolarité Résistante : Quel espoir peut-on attendre ?Avoir une bonne santé mentaleAutour d‘AbilifyAntidépresseurs dans les troubles bipolaires : que disent les études ?Antidépresseurs dans la Dépression avec Hypomanie Sub-SyndromiqueAller vers une psychopharmacologie hippocratique
37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

Bipolaire-info témoigne sur les anti-dépresseurs

1/10/2012

Témoignages > Se soigner

Témoignages de bipolaires commentés par un médecin sur la prise dʼanti-dépresseurs
Pour compléter le dossier d’Octobre 2012, j’ai demandé à Marie, administrateur du forum Bipolaire-Info, d’ouvrir un fil de discussion et de témoignage sur l’usage des AD. J’ai ajouté à chaque témoignage mon commentaire, afin d’en tirer le plus d’informations utiles quant à l’usage des AD dans les troubles bipolaires.

Bipolaire de type 1 qui déprime : faut-il ajouter un AD ?


« Depuis que je suis sous Dépamide (4cp/j), Solian 300mg et Lepticur (1 an) je nʼai pas connu dʼépisodes dépressifs. Je vois mon psychiatre tous les 3 à 6 mois et à la demande, si jʼai un problème. Il y a environ 8 ans, sous Téralithe 250 (4cp/j), Solian 400mg et Parkinane, mon psychiatre mʼa diagnostiqué une dépression "légère". Il mʼa prescrit 1/2 cp de paroxétine ou Deroxat® le soir. Au bout de 3 semaines, jʼai senti une amélioration notable de mon humeur avec un regain dʼénergie : jʼai tout de suite arrêté lʼantidépresseur, craignant un futur virage trop intense de mon humeur si je le continuais. Après quoi, tout est rentrait dans lʼordre. Le même phénomène sʼest produit avec cet antidépresseur quelques années après. Jʼai effectivement noté une "inversion" de lʼhumeur manifeste au bout de 3 semaines. Certains diront que cela fait un peu tôt, 3 semaines pour sentir cet effet; mais je maintiens mes dires car je me fis à ce que jʼai ressenti. Sinon, lors de ma deuxième bouffée délirante en 1997, jʼai connu après celle-ci une dépression mélancolique intense qui résistait aux antidépresseurs : il a fallu me faire de la sismothérapie. Pendant 2 à 3 ans après, je déprimais mais mon traitement (avec reprise du travail) ne comportait pas dʼantidépresseurs : seulement Téralithe® 250 4cp/j et 1cp le soir dʼHaldol® 1mg. »

Commentaire :
Il n’y a aucune étude qui montre que l’ajout d’un AD chez un bipolaire type I qui présente une rechute dépressive, soit efficace et sans risque de virage – surtout si les épisodes comportent des éléments psychotiques. En cas d’usage d’AD, il faut être hyper vigilant aux virages thymiques ou à la survenue des éléments psychotiques. La coutume est d’essayer les médicaments ayant prouvé leur efficacité dans la dépression BP type I (quétiapine, combinaison Zyprexa+Prozac) et de vérifier les conditions d’usage des régulateurs

Comment distinguer une réponse à l’AD d’un virage typique


« Avant dʼêtre diagnostiqué en 2006 comme Bipolaire type 1, je croyais être borderline et je prenais de lʼEffexor® pour soigner ma sévère dépression. Mais l’efficacité de lʼEffexor était totalement nulle. Jʼai effectué une formation, loin de chez moi et jʼai consulté un deuxième psy sur place. Il disait que jʼétais bipolaire et non borderline. Pour me le prouver, il a eu la "merveilleuse" idée de remplacer lʼEffexor® par de lʼAnafrani®l (AD beaucoup plus puissant). Bilan : virage maniaque instantané... et diagnostic de BP type 1. Faut-il quʼun psy, en arrive à jouer avec la santé dʼun patient pour poser un diagnostic ? Une simple prescription dʼun thymorégulateur et lʼattente du résultat, nʼaurait-il pas été suffisante ? »

Commentaire :
Déjà le diagnostic de bipolarité devrait être suspecté devant le tableau évocateur du trouble Borderline. De plus, la résistance de la dépression à la venlafaxine, devrait être considérée comme un indice de bipolarité. La suite est « éloquente » : on ne fait jamais le diagnostic de bipolarité en exposant le patient au risque de virage thymique. Le diagnostic de BP est basé sur une analyse détaillée de l’histoire personnelle du patient, de l’histoire familiale, du dépistage des épisodes d’hypomanie (ou manie) et d’autres indices comme la cyclothymie (la plus proche du trouble Borderline).
Cela dit, un seul épisode maniaque induit par Anafranil ne suffit pas pour porter le diagnostic de BP-I (il faut au moins un épisode maniaque spontané) – sinon, c’est un BP-III (dépression avec virage sous AD) ou cyclothymie (BP II1/2) si présence de cycles continuels de hauts et de bas.

Anxiété Panique de nature bipolaire


« Mon premier traitement lorsque jʼavais 18 ans en 1992 suite à des attaques de panique : Anafranil® 75 (1/2 cp par jour). Jʼai vraiment trouvé cet AD très efficace pour réduire mes attaques de panique et le syndrome dépressif associé.
2ème AD pour un épisode dépressif en 2001 suite au décès de mon père : suppression de lʼAnafranil® et instauration du Deroxat® (2 cp par jour). Aucune amélioration ni sur la dépression, ni sur le trouble Panique.
« 3ème AD, 2 ans après en remplacement du Deroxat® par du Seropram® 1 cp par jour. Pas dʼamélioration de ma dépression mais diagnostic posé de trouble bipolaire pour lequel un thymorégulateur a été instauré (Dépamide®) : Pas dʼamélioration. Donc, remplacement du Dépamide® par Lamictal® qui a procuré une stabilité pendant plus de 5 ans (combinaison Seropram + Lamictal)
Aujourdʼhui, je suis toujours sous Seropram® 20. Impossibilité de mʼen débarrasser (trop dʼeffet de sevrage). De plus, je ne veux pas lʼenlever pour quʼil puisse atténuer mes attaques de panique. Aujourdʼhui, le couplage Lamictal®/téralithe®/Seropram® semble fonctionner convenablement. Jʼoubliais de préciser que jʼai essayé le Seroplex® en remplacement du Seropram® et ca a été un catastrophe.
Il mʼest arrivé dʼaugmenter le Seropram® dʼun demi comprimé pour casser un cycle dépressif et croyez moi, en 5 jours, je pétais la forme (hypomanie) !! »

  • Commentaire :

  • Certains experts ont observé que l’usage des AD chez les bipolaires était plus lié à la comorbidité anxieuse qu’à la présence des syndromes dépressifs. Rappelons que la comorbidité anxieuse est de règle chez les BP – surtout les cyclothymiques (Anxiété Généralisée chez les BP-I, Panique et Anxiété de Séparation chez les hyperthymiques, TOC, Phobie Sociale et Stress Post-Traumatique chez les cyclothymiques).
    Ce cas illustre la tendance actuelle des experts de considérer la résistance aux AD comme un indice de bipolarité. Mais le témoignage ne précise pas sur quels critères le diagnostic de BP a été posé. La meilleure réponse à Lamictal® par rapport au Valproate n’est pas une donnée classique (car le valproate est un meilleur anti-panique). Une explication de la bonne réponse au Lamictal® : dominance dépressive d’une bipolarité discrète.
    Un autre point à soulever : c’est l’incapacité d’arrêter l’AD (Seropram®) – c’est un cas de figure classique quand on obtient une réponse positive initiale sur la panique – dans la pratique, nous recommandons de garder l’AD à une dose modérée (la preuve : l’ajout d’1/2 cp induit un virage malgré les 2 TR associés) mais toujours couplée à un thymorégulateur.

    Enfin, il existe actuellement un débat sur les virages sous AD : est-ce une inversion naturelle du trouble ou un effet adverse de l’AD ? dans ce cas, je pense qu’il s’agit d’un effet adverse chez une personne ayant une vulnérabilité à réagir excessivement aux AD (éléments du trouble Borderline qui à mon sens seraient plutôt des indices de cyclothymie).

    AD qui marche mais… virage secondaire à l’arrêt de l’AD


    « Suite à un épisode dépressif majeur plus ou moins mixte avec forte anxiété, mon généraliste me prescrit du Cymbalta® 60 (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline) et mʼenvoie chez le psychiatre. Lʼanxiété sʼarrête immédiatement, le sommeil se stabilise immédiatement aussi, lʼénergie revient après environ 4 semaines à peu près au moment ou je vais voir pour la première fois le psy. Après étude de mon parcours de vie, on diagnostic un trouble bipolaire depuis au moins lʼâge de 20 ans avec des épisodes dépressifs mixtes tous les deux ans environ (changement dʼétude ou de travail, anxiété et engueulades avec le reste du monde). Le Cymbalta® semble bien marcher alors on continue comme ça avec une surveillance rapprochée.
    Pendant lʼannée qui suit tout va bien, sauf quand jʼoublie mon Cymbalta® du matin, lʼhypomanie intervient dans les 12h, avec aucun besoin de dormir le même soir. Le printemps suivant, je me sens partir en hypomanie avec quelques crises d’irritabilité. On décide dʼarrêter le Cymbalta® et de remplacer par Lamictal®. Gros échec, pour le coup je pars franchement en hypomanie, suivie par un début de dépression et jʼen profite pour prendre 5kg.
    1 mois et demi après lʼarrêt total du Cymbalta®, je le recommence, jʼarrête le Lamictal® et je démarre Xeroquel® 50.
    Et tout rentre dans lʼordre. Le retour dʼénergie se fait également après environ 4 semaines.
    Je suis sous ce mélange depuis maintenant 4 mois et ça se passe bien, je me sens un poil moins irritable que quand jʼétais sous Cymbalta® seul (mais cʼétait pas bien méchant par rapport à mes vraies phases dʼhypomanie). Au questionnaire BP/Cyclothymie, je suis à 33/50 (seuil 25 ou +) Tempérament de base: 80% irritable, 20% hyperthymique. »

    Commentaire :
    Il y a des virages qui surviennent paradoxalement après arrêt des AD ; cela s’explique par le syndrome de sevrage, notamment avec les AD qui ont demi-vie d’élimination courte. Quand le diagnostic de BP a été posé (début vers l’âge de 20 ans), il aurait été plus prudent d’introduire en préventif un stabilisateur et ne pas laisser l’AD en monothérapie – car il y a peu de preuves que ça fonctionne bien au long cours. En second lieu, il était imprudent d’arrêter l’AD lors de l’instauration du Lamictal® ; deux raisons simples : risque de sevrage à l’arrêt du Cymbalta® (avec tendance au virage hypomaniaque) et délai d’action du Lamictal (car nécessité de démarrer avec des doses faibles) – de plus, le Lamictal® est inefficace pour prévenir les virages hypomaniaques. Une combinaison avec du lithium aurait été un meilleur choix. Enfin, le choix de la quétiapine dans ce cas est assez judicieux. Mais peu de choses sont connues sur la pertinence de la dose de 50 mg de quétiapine dans la protection des rechutes dépressives. Les études indiquent plutôt une efficacité avec 300 à 600 mg/jour. La dose de 50 mg est surtout validée dans le traitement de l’Anxiété Généralisée.
    Leçon à retenir : jamais arrêter brutalement un AD chez un BP ou cyclo même s’il s’avère inefficace – un arrêt progressif est souvent recommandé.

    A la recherche du bon traitement


    « Jʼajoute ma petite histoire toute fraîche à ces témoignages... Diagnostiquée en 2005 bipolaire type II, jʼai pris entre 2002 et 2004 du Zoloft® pour soigner un syndrome dépressif majeur avec idées suicidaires dont la plupart induites, je pense, par ma consommation excessive dʼalcool quotidienne.
    A cette époque je ne pourrais dire si je me trouvais plus excitée avec la prise du Zoloft® voir mieux car étant alcoolique je tentais dʼatténuer toutes mes émotions avec la bouteille et je ne connaissais rien de la maladie bipolaire. Stabilisée sous Lithium LP + Lamictal® pendant 3 ans je nʼai pas eu à souffrir dʼhypomanie ou alors des phases atténuées dissipées avec quelques jours de prise de largactil®, ni de dépressions pures juste quelques déprimes passagères.
    Suite à un diabète insipide néphrogénique induit par le lithium (me levant 6 fois/nuit pour uriner = polyurie nocturne liée à une tubulopathie rénale, complication classique du lithium à forte dose), jʼai dû lʼarrêter.

    Et là la cata...chute libre vers une dépression majeure avec lʼidée de me foutre en lʼair si lʼon ne parvenait pas à me sortir de là. Mise sous Athymil® (miansérine > 90mg) + Lamictal®.
    Jʼai retrouvé le sommeil très rapidement, lʼappétit. Je me suis progressivement sentie mieux mais au bout de 10 mois de traitement (en juillet jʼen étais à 40mg) jʼai commencé à avoir lʼimpression que je stagnais et que sur une échelle de 10 mon humeur était à 7 mieux que 0 certes mais une situation pas franchement confortable, un peu bancale, entre le juste pas trop mal et le pas terrible avec quelques jours parfois lumineux. La psy me laisse lʼAthymil® et augmente le Lamictal à 350 au lieu de 200mg. Elle me dit de lʼappeler et de baisser tout de suite si je me sens "monter". Oh oui oui Docteur pas de problème. Mais est venue frapper à ma porte très rapidement une phase mixte, je ne connaissais pas, que dans les livres.
    Wahouuuu la claque !!! Rires et pleurs dans la même journée, heure, minute...
    Cʼétait début juillet et ma psy était en vacances jʼai vu lʼun de ses confrères qui a tout de suite arrêté lʼAD, baissé le Lamictal® et mʼa donné du Largactil® au coucher, jʼai refusé ce jour là lʼarrêt maladie. Total 5 jours plus tard je me faisais hospitaliser en urgence car je nʼarrivais même plus à faire les gestes quotidiens les plus basiques comme préparer un café, à manger dʼailleurs je ne mangeais plus et ne dormais plus et la phase mixte sʼest finalement transformée en phase hypomaniaque pure, ah ça jʼétais bien perchée, pas de doute !
    Depuis juillet, je suis en arrêt maladie et je suis sous Largactil® 80 gouttes au coucher au lieu de 120 il y a un mois + Lamictal® 200 + Téralithe à libération immédiate + Modamide pour protéger mon rein (c’est diurétique épargneur de potassium) avec des prises de sang régulières pour surveiller la créatinine. Si mon rein tient bon et que je ne me lève pas 6 fois/nuit je vais pouvoir le continuer. Cʼest un traitement très efficace sur moi, lʼunique qui mʼait stabilisée En attendant de trouver le bon dosage et que le lithium fasse effet les journées ne sont pas évidentes. Beaucoup dʼagressivité, de la fatigue diurne mais si je baisse trop le Largactil®, je mʼendors très tard et me lève tôt et je suis à cran. Combien de temps cela va-t-il prendre avant que je ne retrouve une vie "correcte" et que je redevienne une personne appréciable qui nʼattend pas le faux pas de lʼautre pour lui aboyer dessus. Parce que le pire dans tout cela cʼest de se rendre compte de son état ! »

    Commentaire :
    Un exemple classique où le premier traitement prescrit chez les BP est un AD (2 ans de Zoloft®) – Le lithium est un excellent régulateur mais à manier avec plus de « douceur » chez les BP-II et les cyclothymiques (les psychiatres ont l’habitude de le prescrire de manière rigide chez tous les BP – en fait, n’oublions pas les risques sur la thyroïde et sur les reins). Un autre point concerne l’arrêt brutal du lithium : JAMAIS – car risque de multiplier par 50 le risque de conduites suicidaires et de rechutes sévères. Un autre point : pourquoi 90 mg d’Athymil® ? C’est un AD, sédatif à petites doses (10 à 30) – pas besoin de donner plus, surtout quand on a le Lamictal® en combinaison.

    Longue exposition aux AD : vers une dépendance et/ou résistance ?


    « Arff, la dépression bipolaire, MON problème, je ne connais quasiment que ça de la bipolarité depuis lʼâge de 15 ans. Mon premier traitement a été une psychothérapie avec un psychiatre, à partir de 21 ans. Jʼétais dans un très sale état. Jʼai eu par périodes des antidépresseurs. Je me souviens particulièrement dʼun cocktail Tofranil® (imipramine, un tricyclique, comme lʼAnafranil®) plus un anxiolytique qui mʼavait particulièrement bien réussi (trop bien, dirais-je maintenant, jʼétais en légère hypomanie). Cette première psychothérapie a duré environ 10 ans. Jʼen ai repris une tranche quelques années après, avec une autre psychiatre, beaucoup plus orthodoxe dans le freudisme, qui mʼa poussée sur le divan. Elle ne me prescrivait pas de médicaments. Pendant cette période jʼai fait une tentative de suicide. Jʼai dû arrêter à cause dʼune période de chômage, plus dʼargent pour payer mes séances.
    Pendant 10 ans, ensuite, jʼai eu un intervalle libre. Jʼai cru que mes années de psychothérapie et de psychanalyse mʼavaient guérie. Hélas, il nʼen était rien. Des ennuis au travail, une rupture puis un deuil firent repartir le balancier jusquʼà un fort épisode hypomaniaque suivi dʼune dépression très sévère. Retour chez un psychiatre et mise sous antidépresseur pendant trois ans, Seropram®, Zoloft® puis Anafranil® à forte dose. Jʼai fini par me diagnostiquer et consulter un expert de la bipolarité car je voulais du Lamictal®, à lʼépoque très peu prescrit. Hélas trop tard, lʼabus dʼantidépresseurs sʼavéra fatal, jʼétais devenue « instabilisable ». On a tenté plusieurs combinaisons de médicaments en vain. Je continue et continuerai à faire régulièrement des dépressions. Jʼai quand même la chance que mes états mixtes aient été jugulés grâce à la Dépakine® (valproate). »

    Commentaire :
    C’est malheureusement le cas de la majorité des cyclothymiques ou des bipolaires « soft » (dépressions bipolaires sans indices nets de BP) qui reçoivent pendant de longues années des AD seuls. La réponse au début est souvent positive mais progressivement s’installe un état de résistance ou un état dépressif mixte. Cette longue exposition aux AD, notamment les tricycliques, prédit une mauvaise réponse aux régulateurs ou un long délai (1 à 2 ans) pour obtenir une stabilisation plus ou moins correcte. Dans certains cas, j’ai noté un état de dépendance aux AD – avec des aggravations systématiques à chaque tentative d’arrêt de l’AD.

    AD comme une scie « ça coupe dans les 2 sens »


    « Jʼai été diagnostiquée bipolaire en 2003. Avant dès que je nʼallais pas bien, jʼavais souvent droit à des AD de la part des médecins. Et cʼest en venant sur ce site, bipolaire-info, que jʼai pu faire le rapprochement entre mes dépressions, mes prises dʼAD et mes up !
    Lʼexemple de plus flagrant a été le dernier. Jʼétais sous Dépakote® (divalproate de sodium) depuis plusieurs années et jʼallais, on va dire, pas trop mal. Suite à une perte dʼemploi, je suis tombée en dépression, et mon médecin généraliste (je nʼétais pas suivi par un psy à lʼépoque) mʼa prescrit un AD.
    Pendant presque 5 ans (et oui !) jʼai été en mixte. Jʼai voulu créer plusieurs entreprises : un restaurant, décoratrice dʼintérieur, créatrice dʼobjets que je décorais moi-même, services à la personne. Bien sûr jʼai tout commencé donc dépenser de lʼargent, sans rien aboutir ! Tout ça en travaillant (jʼavais retrouvée un boulot) et en retapant une maison.
    En même temps, je ne supportais pas ma fille, jʼétais constamment en colère (voir violente) vis à vis dʼelle. Parfois je dépensais énormément en une journée, jʼai même commencé à jouer sur Internet. On a déménagé, jʼai décidé dʼarrêter lʼAD. La descente aux enfers a commencé. Jʼai été voir un psy, il a augmenté la dose de Dépakote®. En fait, ma venue sur ce forum coïncide avec cet évènement ! La suite nʼa pas dʼintérêt avec le thème, puisque je nʼai plus pris dʼAD.
    Mais ce qui est sure, cʼest que chez moi, à chaque fois quʼun médecin mʼa prescrit un AD, je suis partie en mixte. Aujourdʼhui, depuis 38 semaines, je suis stabilisée, avec du Xéroquel®, lacmital®, Téralithe® et Epitomax®. Jʼespère que cela durera et que les AD nʼauront pas fait trop de dégâts »

    Commentaire :
    Même remarque sur l’exposition aux AD dans les premières phases de la bipolarité. Même sous régulateur, la reprise d’un AD est capable de déstabiliser le trouble en induisant soit des virages soit des hypomanies chroniques (mixtes ?). Souvent les médecins considèrent cette hypomanie sous AD comme une guérison de la dépression et ne font pas attention aux signes d’hyperactivité, de dépenses, de colère – irritabilité… Curieux que cet état a duré 5 ans sans que le clinicien ne soit pas inquiété pour agir sur cet état. Là aussi, on observe les conséquences fâcheuses de l’arrêt brutal de l’AD – comme je le dis souvent « c’est comme une scie – ça coupe dans les deux sens : quand on le prend et quand on l’arrête » - L’idéal serait de ne jamais le commencer ! et si on l’arrête, de ne plus jamais le reprendre.
    Enfin, au sujet des dégâts des AD au long cours, rien n’est certain. Dans la pratique, on arrive à juguler leurs conséquences péjoratives mais ça demande parfois d’être patient.

    octobre 2012