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Phobie scolaire, cas clinique

29/09/2015
Auteur : Melle Majdalani

Cas cliniques > Etude de cas

A quoi sert une thérapie dans la phobie scolaire ?
Louise, 12 ans est lʼaînée, dʼune fratrie de deux frères. Son père est ingénieur dans lʼaéronautique et sa mère est juge. Elle est en classe de 5ème. La jeune patiente décrit des difficultés qui auraient débuté alors quʼelle était en classe de 6ème, sous forme dʼhypersensibilité aux remarques des pairs. Ses parents décident alors de lui changer de collège (passage dans le privé), ce qui améliore les interactions interpersonnelles. Louise sʼintègre davantage, développe quelques amitiés quʼelle qualifie dʼagréables et de sereines. En revanche, les notes scolaires chutent, en raison de la diminution de la motivation et ipso facto du travail scolaire fourni. Louise affirme être seulement intéressée par ses amis, alors que ses professeurs lui reconnaissent des aptitudes intellectuelles développées.
Une angoisse de performance serait apparue, alors quʼelle avait 9 ans, sans déclencheur spécifique, à part, une pression scolaire inhérente à lʼétablissement scolaire que Louise fréquentait.

Au niveau du tempérament et de la personnalité, elle se décrit comme une « petite perfectionniste », étant de nature affective anxieuse, du genre à stresser pour tout et rien. Elle présente des manifestations somatiques parfois matinales qui se déclinent principalement sous forme dʼestomac noué et nausée voire vomissements sporadiques) ou sous forme de palpitation et de tremblements des mains.
Elle est également assaillie très souvent par des scénarios catastrophe à lʼégard des autres (des disputes qui pourraient dégénérer en agression physique par exemple et qui aboutiraient au rejet et à lʼexclusion du groupe).

Cʼest une jeune fille qui se dit impulsive, entière, à « fleur de peau » (trop sensible notamment à la critique, à la beauté physique et à lʼapparence), qui peut pleurer ou rire aux éclats pour un rien, ou se mettre en colère quand elle se sent agressée.

Le refus scolaire commence de manière insidieuse. Louise en 6ème, trouve des subterfuges adaptés pour ne pas se rendre à lʼécole. Elle dit être malade, ou se sentir trop faible pour y aller. Ses parents ne se doutent de rien au début. Puis à force de répétition et dʼabsentéisme finissent par sʼinquiéter. Elle évoque des différences de « milieu », de « jalousie » qui lʼempêchent dʼêtre épanouie dans un premier temps et qui lui pourrissent lʼexistence dans un autre. Le changement de collège, quelques mois plus tard améliore la situation et Louise passe en 5ème. Mais les absences reprennent progressivement et surtout le notes dégringolent. Les professeurs alertent les parents sur lʼurgence de se mettre au travail mais Louise nʼentend rien et finit par refuser catégoriquement de sʼy rendre. Cʼest à ce moment quʼelle vient consulter.

La psychothérapie a permis à Louise dʼapprendre à mieux réguler ses émotions de manière générale, de diminuer lʼangoisse de performance, de réinstaurer le dialogue entre Louise et ses parents, un dialogue qui était totalement rompu, les échanges se limitant à des menaces et à lʼexpression des inquiétudes parentales, répétant des scénarios sur lʼexigence de la société actuelle en terme de performance. Elle a également permis à améliorer la relation aux pairs, en visant à la fois, lʼhypersensibilité au rejet et celle exacerbée à la critique.

octobre 2015


les phobies scolaires