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LʼACT pour soigner le TOC

2/04/2013
Auteur : Melle Hantouche

Cas cliniques > Traitement / prise en charge

En ciblant la relation de lʼindividu avec ses pensées et émotions plutôt que leur contenu, lʼACT apparaît comme un traitement alternatif à la TCC.
La thérapie de lʼacception de lʼengagement est une stratégie thérapeutique actuellement à lʼétude dans le TOC, comme lʼatteste les études de Twohig et al (2010) et de Schoendorff et al (2009) dont les résultats sont favorables. En ciblant la relation de lʼindividu avec ses pensées et émotions plutôt que le contenu de ses pensées, lʼACT apparaît comme un traitement alternatif (ou mieux préliminaire) à la TCC classique pour les patients atteints de TOC, qui ont souvent du mal à distinguer leurs pensées des actions (phénomène de « fusion action-pensée »).

Dans lʼétude de Twohig et al (2010), les patients ont été randomisés dans deux groupes durant 8 séances : un groupe dʼentrainement à la relaxation progressive et un groupe ACT avec dans cette condition des exercices de distanciation des pensées et de contact dans le moment présent (exercice de pleine conscience). Les patients étaient également invités à engager des actions en harmonie avec leurs valeurs, même en présence de leurs obsessions.
Les résultats indiquent une plus grande réduction des symptômes dans le groupe ACT que dans le groupe relaxation, ainsi quʼune meilleure acceptation et un taux dʼabandon plus faible que celui habituellement observé pour lʼexposition avec prévention de la réponse. Notons également que la prise en charge était beaucoup plus courte (8 séances) comparé à celles pour lʼexposition avec prévention de la réponse (environ 20 séances).

Une seconde étude pilote proposée par Schoendorff et al à Lyon (résultats présentés à la 37ème journée scientifique de lʼAFTCC, déc 2009) va dans ce sens. Elle propose une prise en charge en groupe par lʼACT pour des patients souffrant de TOC ayant rechuté et/ou résisté (à un traitement avec TCC/ISRS). Les résultats suggèrent que lʼACT serait une intervention adaptée chez ces patients résistants ou difficiles à soigner avec les méthodes traditionnelles Notons dans cette étude que lʼamélioration clinique était maintenue à 6 mois et 1 an.

Ces deux études montrent que le travail psychologique sur la fusion cognitive, visant à distancer radicalement des pensées sont particulièrement bien adaptées chez les patients TOC souffrant en premier chef de leurs pensées intrusives contre lesquelles ils combattent en vain. La spécificité de cette approche est que lʼexposition est engagée au service dʼagir en harmonie avec ses valeurs, plutôt quʼau service de diminuer lʼanxiété. LʼACT apprend les patients la « futilité de la lutte » contre les pensées intrusives. En dʼautres termes, ce qui compte nʼest pas le contenu « inacceptable » de la pensée obsessionnelle mais la réaction de la personne face à ces pensées.
Cette approche pourrait être une prise en charge alternative pour les patients ayant échoué ou montré une très légère amélioration lors dʼune TCC classique qui pourrait sans doute sʼexpliquer par le fait quʼune exposition trop rapide aux stimuli jugés menaçants par les patients TOC entrainerait une non adhésion à la thérapie (20% dʼabandon et entre 5 et 22% refusent de sʼy engager). Néanmoins, cette approche pourrait être complétée par une intervention comportementale par la suite.

Références

  • Twohig M.P. et al (2010) : A Randomized Controlled Trial of Acceptance and Commitment Therapy vs. Progressive Relaxation Training for Obsessive-Compulsive Disorder. Journal of Consulting and Clinical Pyschology, 78(5), 705-16.

  • avril 2013