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36 : Quelques moments de sérénité dans un monde


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

36 : Quelques moments de sérénité dans un monde

18/09/2010

Témoignages > Bipolarité > La vie bipolaire de Melle M

Témoignage dʼune bipolaire au quotidien dans sa lutte contre le suicide.
Jeudi 22 juillet 2010
10h06


Je viens de relire les dernières lignes que jʼavais écrites, cʼest tout confus. Jʼétais peut-être un peu mixte sur les bords ? Je ne passe pas mon temps à mʼauto-observer sinon on ne vit plus ou plutôt on en oublie quʼil y a autre chose que la maladie dans la vie.
Ce mois ci a été sous le signe dominant de la stabilité.

Jʼai eu deux épisodes mélancoliques. Ça faisait un bail que je nʼavais plus affronté cette forme de dépression. Je me suis laissée descendre jusquʼaux pensées suicidaires. En fin de compte, jʼai décidé de ne pas jeter le bébé et lʼeau du bain avec. Je sais quʼon raisonne nʼimporte comment dans ces moments là et en pure bonne fois qui plus est. Donc jʼai construit une sorte de barrage mental pour ne plus me fier à mes sentiments erronés, déformés par le côté obscur (vive la génération de la Guerre des Etoiles !). Je me suis accrochée à la digue et le mal sʼest enfui la queue entre les jambes.

Lorsquʼil sʼagit des pulsions, jʼai une peur bleue car je nʼai aucune envie de passer à lʼacte, je mesure que ce serait la pire connerie que dʼobéir à cette force qui donne lʼimpression de me pousser à bout pour que je saute ou que je me mutile. Je dois faire surgir de moi une montagne de résistance. A lʼinverse, dans la mélancolie, lʼenvie de passer à lʼacte paraît une évidence logique et très concrète et surtout volontaire. Donc ça me fait tout aussi peur car je ne sais pas si jʼarriverai à contre-attaquer.

Dʼautre part, quand jʼai fait ma tentative, jʼétais encore dans autre état, comme totalement déconnectée, robotisée. Et encore, je suis certaine quʼil y a dʼautres formes de la maladie que je ne connais pas et qui sont aussi dangereuses. Le seul conseil qui fonctionne pour moi cʼest de faire lʼeffort de me souvenir que jʼai déjà remporté des batailles semblables, et quʼil ne faut pas se fier à ce que lʼon ressent ou pense puisque on déforme tout dans ces moments là. Facile à dire ! Cʼest un sport comme un autre : lʼentraînement fait 99% du boulot !

Je dois tout de même rajouter un paramètre de taille. Jʼai connu très tôt une forme de bouddhisme (il y a plus de trois mille écoles différentes alors je vous laisse piocher les cartes). Non, ce nʼest pas le tibétain (qui nʼest pas du bouddhisme à proprement parlé car il est totalement amalgamé avec les traditions du coin). Je préfère ne pas dévoiler le nom car "mon ami google" ne trouve que des réponses commençant par "secte". Dans un sens cʼest vrai car les moines sont devenus vénaux et autoritaires jusquʼà fonder une secte.

Par contre, chez les laïques, cʼest totale liberté sans éloignement de ses proches, sans rythmes qui cassent la personnalité, sans conditions financières. Il est dit que la véracité dʼune philosophie ou dʼune religion doit remplir trois preuves : celle historique (les personnes et les événements ont bien existé) ; celle des écrits (ils doivent être cohérents) ; celle de la "preuve actuelle" autrement dit cʼest fait pour être appliqué par tous et pour tout à tout moment. Jʼestime que ces conditions sont remplies en ce qui concerne le bouddhisme que jʼétudie. Le fondement se trouve dans les textes et une "forme de méditation" quʼon appelle plutôt "pratique" (pour rester dans le concret) afin ne pas superposer nos fausses conceptions sur ce courant de pensée correct.

Je nʼai jamais été vraiment régulière dans ma pratique mais je me suis souvent penchée sur les textes. En ce moment jʼarrive à conjuguer les deux, ce qui est le mieux cqfd. Jʼen profite pour goûter à des moments de sérénité au lieu dʼêtre perpétuellement angoissée, encore un entraînement et pas des moindres ! De toute façon, toute ma vie je devrai rester vigilante sur cet aspect.