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07 : Nouvelles obsessions, anorexie, re-hospitalisation...


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

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31/12/2009

Témoignages > Comorbidité > Mon combat contre les TOC

J’ai un nouveau TOC : j’ai peur d’avaler quelque chose de ? dangereux ? sans m’en rendre compte.
DECEMBRE 1997



Je ne supporte plus le bruit du tout. Nous décidons alors d’acheter une petite maison individuelle et habitable de suite bien sur car je ne supporte pas les travaux. Ce sera ma prison pendant sept ans.



J’ai un nouveau TOC : j’ai peur d’avaler quelque chose de ? dangereux ? sans m’en rendre compte.



Y -a -t’il un lien avec le fait que ma belle-mère, avec qui j’ai eu des relations houleuses â cette période précise, juste avant que je ne décide de couper définitivement les ponts, était couturière et laissait traîner ses aiguilles sur la table où nous prenions les repas ? Oui, j’en ai la conviction.

C’est â ce moment lâ que je ne peux plus boire et manger qu’en prenant d’infimes précautions même chez moi. Ailleurs je pratique l’évitement même si j’ai faim ou soif. J’ai peur des emballages de nourriture et je n’arrive plus â les jeter. Si je jette un conditionnement je l’examine avant pour voir s’il ne manque pas un petit morceau que j’aurais pu avaler par inadvertance. Si je suis vraiment trop fatiguée ou pas seule je le fais le lendemain : les emballages s’accumulent dans un coin.

Je suis très longue pour manger car je mâche longtemps les aliments.

Ma concentration est quasi inexistante. Je me laisse mourir plus ou moins inconsciemment car je ne peux plus lutter, c’est trop dur.



Je pèse 40 kilos pour mes 30 ans. Mon thérapeute, paniqué, m’envoie dans une clinique psychiatrique.



Dieu merci je suis toujours allée en clinique et jamais en hôpital psychiatrique. Des personnes surmenées comme moi s’y sont retrouvées et parce qu’elles ont été mélangées avec des cas graves de folie elles n’ont fait que sombrer davantage. D’où l’importance capitale du diagnostic effectué par le médecin et celle de l’entourage familial bien informé.

Je fais une cure de sommeil de trois semaines en avril 1998. Cette fois-ci je ne retournerai plus jamais travailler?



Nous avions des heures de sortie autorisées â partir du dixième jour. Un après-midi avec une autre patiente nous sommes rentrées dans un magasin. Je voulais m’acheter un tee-shirt. C’était le printemps? La vendeuse m’a demandé si je me sentais bien car j’étais très pâle. Nous lui avons signalé que nous étions hospitalisées et où. Je n’ai pas aimé son regard plein de sous-entendus. J’ai reposé le tee-shirt et je suis sortie, attristée.



Durant ces trois semaines j’ai eu des perfusions d’Anafranil le matin. Je dormais tout ce temps et une bonne partie de l’après-midi. Il est certain que mon cerveau avait plus que besoin de repos complet mais il est très difficile de revenir â la réalité ensuite. Rien n’a été résolu, simplement suspendu.



Quand je suis revenue chez moi j’ai retrouvé rapidement les ?mauvaises habitudes?.

Pendant un an et demi les tocs ont envahi complètement ma vie. J’étais placée en deuxième congé pour grave maladie jusqu’en 2000. Le plus difficile, bien que tout l’était, fut d’annoncer â ma proviseur et â ma chef directe que je devais arrêter absolument de travailler pour me soigner car je n’allais pas bien du tout. Aux collègues, je n’ai pas pu expliquer quoi que ce soit.

Comment leur faire comprendre une telle chose ? Je suis donc partie du jour au lendemain sans un mot et la mort dans l’âme j’ai préféré couper les ponts avec tout le monde extérieur. Mon téléphone sonnait souvent. Au bout d’un moment il n’a plus sonné?

Une seule amie d’enfance est venue forcer ma porte. J’ai donné des raisons â mon comportement mais me suis bien gardée de rentrer dans les détails que seule une autre victime de cette maladie peut imaginer et comprendre.