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05 : l’enfer de mes TOCs


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

05 : l’enfer de mes TOCs

1/01/2008

Témoignages > Cyclothymie > Chroniques d’une cyclothymique

Rock and Roll...Ma vie est rock and roll.
Partie 5


Le vif du sujet ?
Mon père, ma mère, ma soeur, ils y sont tous passés dans mes incestes de Tocquée. Mon chat, mon bébé, cette fille, ce garçon, ce pédé, ce pigeon, TOUS !
Je me les suis tous envoyés dans mes obsessions.
Tu comprends maintenant, le cauchemar vivant ? Quand l’esprit se tord au point de bugger et de m’étouffer avec ses idées lâ ?
Comment résister ? Comment être normal ?
Et une première psy qui ne comprend rien, qui me drogue et qui n’entend rien...
Pédophile, incestueuse, meurtrière, raciste, j’ai tout été, accusée â tort par moi-même. Condamnée â morfler pour du beurre.
Encore, vas-y, mutile-toi, c’est pas assez profond, la douleur est encore trop en surface, faut que ça saigne. Faut qu’on le voie que t’es tarée.
Touche pas ton père, touche plus ta mère, prends pas cet enfant dans les bras, va te laver les mains : t’as vu une seringue par terre...
La drogue m’a obsédée pendant mon adolescence. J’entendais un truc en rapport avec et fallait que je me lave entièrement, dix fois, cent fois si j’avais le malheur d’y repenser en me lavant.
Je ne suis rien de tout ça. Je suis accablée par mes propres pensées.
J’accuse â tort les autres aussi. De tout ce qui m’obsède. Vivre avec moi est un enfer.
Je vais finir seule avec mon chat.
Je veux des enfants, je veux Jacopo.
Merde, encore une soirée seule. Destroy d’Isabella Santacroce â côté de moi.
Flippe pas poulette. Demain je retéléphone pour le théâtre, je vais y retourner bordel.
J’ai pas rappelé.
J’ai comme une crise de foie de moi. Je ne supporte plus d’être seule avec moi-même. Mais quand j’entends les autres me raconter leur si belle histoire d’amour, ça me fout la gerbe. Quand je les voit collés, ça me fout la diarrhée.
J’ai pas envie de leur ressembler. Moi mon idéal c’est Jacopo, mais je veux pas vivre une relation comme tous ces cons avec lui.
Jacopo, je le vois pas souvent, mais quand on se voit j’ai toujours l’impression que c’est pour la première fois. Si un jour je réussis â vivre une belle histoire avec quelqu’un, j’espère qu’on sera souvent séparé par la vie, le travail, bref, pour qu’il y ait toujours ce manque.
C’est pour ça que je veux être scénariste, réalisatrice. Parce que je sais que je serai souvent partie. Mais bon, j’y suis pas encore. C’est loin d’être gagné.
Je comprends pas, j’ai pourtant gagné un concours de scénario. Mais je sais pas ce qui cloche.
J’ai rencontré tellement de gens importants. Et rien ! Toujours au même point.
Je sais que j’écris pas de la merde, je sais que j’ai une place qui m’est réservée quelque part. Elle est juste bien cachée.
Je suis quand même curieuse de savoir comment tout ça évoluera. Est-ce qu’un jour je serai heureuse ? Est-ce qu’un jour j’aurai ce que je souhaite ?
Frida Khalo. Cette femme a tout compris. Elle est restée digne dans sa souffrance autant psychique que physique. Sa peinture m’inspire vachement. Pas autant que Machado mais, je reste vraiment intriguée quand je suis face â son oeuvre. Elle a galéré avec son mari, mais elle a gagné finalement, â force de patience, d’amour...
Mes tocs me laissent un peu plus tranquille en ce moment. J’ai un répit.
C’est tellement atroce de vivre comme ça. De se sentir menacé par soi-même. Etre toujours inquiété par le moindre geste, la moindre parole qui fera réapparaître le démon.
Tout ça pour quoi ? Combien d’heures perdues â jamais dans cette rumination, dans ces rituels débiles, histoire de chasser l’idée ?
En crise, rien ne peut m’apaiser. Rien, sauf le rituel. Jusqu’â l’épuisement. Jusqu’â trouver la bonne formule qui finira par me rassurer jusqu’â la prochaine fois, car il y a toujours une prochaine fois.