Association CTAH-Recherche
29 : Prescrivez moi une autre personnalité


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

29 : Prescrivez moi une autre personnalité

31/12/2008

Témoignages > Bipolarité > La vie bipolaire de Melle M

Jeudi 30 avril

9h06




Déjâ un mois que je n’ai rien écrit ce qui tend â prouver que mon quotidien est aussi expressif qu’un rouleaux de papier toilettes. Il y a eu un arrêt maladie car la transition avec la nouvelle posologie m’a tournée et retournée (mais pas prise : ah ah !).

Mes pensées sont très focalisées sur mon travail. Non seulement je ne dors pas quand j’ai un doute sur une erreur possible mais je suis tout autant angoissée de ce qu’on pense de moi car, â moins que je sois un génie, je suis coincée â ce poste pour 3 ans minimum, avis aux fonctionnaires ! J’ai encore du mal â trouver ma place d’autant que ce joli petit monde se fait des pauses (café - gâteaux - clopes et autres) avec la charmante intention de ne pas m’inviter. Je sais bien que c’est un cercle vicieux : je me sens bien conne donc je n’engage pas les autres â venir vers moi et si j’inverse le trajet, je vais vers l’autre mais il n’y a aucun répondant ; au contraire, si je m’assumais, la question ne se poserait pas et je ferais une guirlande avec leur attitude. Pour faire plus court : prescrivez moi une autre personnalité ; j’ai une petite idée des dominantes â inclure.

A propos d’habillage, il me reste trois mois pour rentrer dans une robe de mariée et le jeûne est nettement plus dur â tenir cette année. Je m’inscris donc sur la liste des donneurs de poids, j’ai même fait une réserve de 15 kilos â revendre. C’est assez paradoxal car il fut un temps où j’ai été SDF et je ne mangeais pas tous les jours. Comme quoi, le passé n’est pas forcément donneur de leçons, sinon ça se saurait !



Lundi 4 mai 2009

07h18




Quand je pense qu’un type de Haute Savoie a remporté 19 millions d’euros. Je suis â la fois contente pour lui, néanmoins cela m’attriste aussi car ceux qui possèdent la bourse n’en font un usage altruiste sauf rares exceptions.A part ça, tous les matins j’écoute le journal â la radio et la seule envie qui me vient est de deviner le nombre de morts. J’ai comme l’impression que l’homme tourne en rond d’où des actualités peu réjouissantes et aussi répétitives qu’un disque de Zouc qui passerait en boucle. Je précise : je déteste le Zouc ! pouah ! Je ne condamne pas les fans ; c’est juste que je n’ai aucun penchant pour les musiques joyeuses. Le soleil brille, les abeilles butinent, les grenouilles font la danse du ventre et je ne peux franchir le cap où Nounours se casse la gueule de son nuage. Non, je ne suis pas intransigeante â ce point, faut pas pousser mémé dans les orties, disons qu’on ne peut tout apprécier et c’est fort bien ainsi car c’est laisser de la place â de nouvelles initiations. Pour ma part, je me vois bien tenter une approche musicale du ciel, vous pensez qu’on entend les oiseaux depuis un parachute en chute libre ?

Voici donc tout ce que m’inspirent les actualités. D’ailleurs, avec nos systèmes de globalisation économique, je me demande comment a t’on pu éviter la crise plus tôt ? J’ai du mal â tenir ce double discours, je crois en l’être humain et pourtant il peut être mauvais â souhait. D’où une partie de conclusion : voir le meilleur d’autrui pour ne pas avoir â supporter sa chiantise. Je n’aime pas cette conclusion car ce n’est pas celle de la facilité, c’est fatidique pour une flémarde.

A propos de paresse, ma mère a combattu comme elle pouvait ce travers sans réussite si bien que j’ai grandi avec cette mauvaise image de moi-même jusqu’â ce qu’on découvre que la maladie me rendait peu productive surtout que je n’ai jamais eu de passion quelconque pour une activité particulière : tout le contraire de ma mère comme quoi deux bipolaires ne vivent pas selon un modèle unique. Je dirais même que j’ai l’impression, d’après les témoignages, qu’il y a autant de formes de la maladie qu’il n’y a d’atteints.