Association CTAH-Recherche
Un Martini et du Chocolat


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

Un Martini et du Chocolat

31/12/2007

Témoignages > Comorbidité

août 2011

23 juillet 2008, Je suis en vacances au soleil, avec ma fille, dans un endroit magnifique. Elle joue avec ses nouvelles copines : comme on dit, elle fait sa vie ; cela me donne donc tout le loisir de laisser mes pensées vagabonder. J’ai commencé mon traitement depuis deux mois : cela fait quelques semaines que je n’ai vécu ni de « très haut », ni de « très bas ». Mon « moi, cyclo » me laisse un peu tranquille. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt parce que, cela dit, mon problème de toujours est là : je ne pense qu’à manger. Il n’y a que cela qui me remplisse et les crises d’hyperphagie sont quasi-quotidiennes. Envie de grignoter, envie de sucre. Cela me fait souffrir, culpabiliser mais, là, vraiment c’est plus fort que moi : encore une dépendance !! Il me semble quand même avoir de la volonté dans d’autres domaines mais en ce qui concerne « bouffer » (parce que c’est le terme exacte, voire « se gaver ».) là, j’avoue que je suis paumée. C’est plus fort que moi, c’est obsessionnel. J’ai beaucoup réfléchi. Pour le moment, je sais que je n’arrive à vivre que quand je suis dépendante et je passe d’une dépendance à une autre. Quand j’en supprime une, je compense par une autre. Alors je m’interroge : peut-on vivre sans dépendance ? comment faire pour supprimer la dernière dépendance, arrêter le cycle infernal ? J’ai arrêté de fumer et je me suis fourvoyée dans un amour passionnel destructeur. J’ai arrêté de voir cette personne et je suis retombée dans le chocolat. Alors je choisis quoi : l’amour qui fait mal ? la nicotine ? le chocolat ? J’en viens même à me dire que, pour arrêter de prendre du poids (10 kgs en 2 ans), je vais me mettre à l’alcool ou à la drogue. C’est terrible d’autant plus que les risques de prendre du poids avec un traitement à base de lithium sont quand même très forts. Or, comme tout cyclo et autre bipolaire qui se respecte ( !!!!!), l’image physique de soi est primordiale : si j’ai des kilos en trop, je suis sûre que personne ne m’aimera et puis, de toute façon, je ne m’aime pas non plus. Pourtant, intellectuellement, je sais que je ne suis pas si grosse que ça, je sais aussi que les gens qui aiment quelqu’un l’aiment pour ce qu’il est et pas pour ce à quoi il ressemble. Pourtant, pourtant, pourtant, je reste bloquée : il faut que je sois mince pour que l’on m’aime et que j’aie confiance en moi. Cela me met une pression telle que, du coup, j’angoisse et je me gave ! J’en ai vraiment marre de tout ça, de la dépendance, du manque d’amour, de la peur du rejet, du vide énorme à l’intérieur. Je ne sais pas quoi faire et j’ai tellement honte de moi. Tout ça m’a donné envie d’aller piquer des gâteaux à ma fille ; je vais même me boire un petit martini, pour la peine. Ca va me consoler.