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02 : Installation de mon TOC


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

02 : Installation de mon TOC

31/12/2007

Témoignages > Comorbidité > Mon combat contre les TOC

Janvier 1986 : Premier grand choc émotionnel non soigné.



Avant le bac de Français. J’apprends un soir en rentrant du lycée que ma cousine Nathalie avec qui j’ai passé toute mon enfance est morte le matin même foudroyée par un anévrisme cérébral. Tout s’est écroulé autour de moi. C’était donc ça la vie : faire un passage sur terre plus ou moins long et plus ou moins dur selon notre destin. J’ai souvent souhaité être â sa place dans mes moments de profonde détresse. Je me suis sentie très seule. A la campagne les activités sont assez limitées pour les jeunes. Il fallait que je fasse 10 kilomètres en vélo pour voir mes copines du lycée. Et puis avec mon frère nous n’avons jamais été très proches. J’étais aussi coincée qu’il était dégourdi et taquin. Par exemple le samedi soir il me disait : ? tu fais quoi toi ce soir ? Moi je vais en boite ! ? Evidemment il n’emmenait pas sa soeur. Aujourd’hui cela paraît dérisoire mais â l’époque je trouvais çâ plutôt dur !

Si bien que je me suis complètement renfermée sur moi-même en me réfugiant dans les études. Je ne vivais plus que pour ça : réussir professionnellement. J’ai toujours été très exclusive. Ma nature timide me confortait dans mes positions.

A cette époque j’aurais du parler â un psychiatre de la mort car j’ai mis de longues années avant de pouvoir faire le deuil de ma cousine. Il a fallu la mort de mon premier chien Eddy.

Ma mère en a parlé avec un généraliste. Tout ce qu’il a été capable de dire c’est que ? ça passerait avec le temps ?.



JUIN 1987



J’obtiens mon Bac avec mention. Comme ? récompense ? je travaille tout l ?été et â la rentrée je passe â l’étape suivante : les études supérieures.

Lâ j’ai plus de difficultés sur le plan intellectuel. En plus je fais le trajet en train jusque Reims tous les jours (200 Kms) ne souhaitant pas rompre les liens familiaux auxquels je me suis raccrochée. Je ne vois ms parents qu’une heure, le temps du repas et de ma toilette, mais ça me fait tenir le coup.

Je fais mes devoirs dans le train qui a toujours du retard. Cela est très fatiguant et stressant pendant trois ans (j’ai refait un an pour assister â certains cours dont je devais repasser les épreuves). L’ambiance est atroce dans la classe (40 filles de tous horizons). Les professeurs sont des agrégés en fin de carrière rigides et fiers sauf une ou deux exceptions?



JUIN 1990



Je réussis mon BTS de Secrétaire de Direction mais je suis crevée. Trois mois après je commence â travailler dans l’Education Nationale comme Assistante technique au Chef de travaux. J’ai travaillé dans une grande partie des lycées professionnels de la région.

Je suis satisfaite. J’ai atteints mes objectifs.

Cet été lâ je fais la connaissance d’un garçon qui va devenir mon compagnon jusqu’aujourd’hui encore. Cette relation m’a apporté du bonheur au début. Il était attentionné, gentil. Je voyais des gens, j’avais des loisirs. Cela s’est malheureusement gâté par la suite.

Selon mon médecin actuel, après le décès de ma cousine, j’ai eu ? le syndrome de dépendance affective ? : j’ai énormément souffert de la solitude car ce n’est pas dans ma nature. D’où le rattachement excessif â mes parents pendant mon BTS et le fait que je me sois engagée très vite juste après celui-ci dans une relation afin de ne pas être seule.



MAI 1991



Nous décidons de vivre ensemble mon ami et moi. Il n’y a donc pas eu de coupure pour m’amuser et évacuer les tensions accumulées entre les études, mon entrée dans la vie professionnelle et le début de ma vie de femme.

Je me trouve alors confrontée â mes premières déceptions. Sa mère est possessive et autoritaire. Mes relations avec celle-ci, idylliques au départ, deviennent alors d’un coup tendues puis conflictuelles. Je mets des mois avant de me défendre (c’est une carence dans mon éducation). Ma naâ?veté est déplorable. Mon ami lui ménage la chèvre et le chou.

Durant cette période de ? torpeur ? je ressasse toute la nuit au point de devenir insomniaque pendant un an. J’imagine les réponses que j’aurais du dire si j’avais eu de l’autodéfense?



Je commence â prendre des somnifères (qui font effet le lendemain d’ailleurs) pour assumer mes responsabilités. Je fais 100 kilomètres par jour en voiture car je suis sur un poste le matin et sur un autre ailleurs l’après-midi. Malgré cela, au lieu de manger â la cantine, je mets un point d’honneur â revenir chez moi le midi pour faire le repas de mon ami qui lui travaille â 1 kilomètre de la maison?

J’arrive donc un quart d’heure en retard l’après-midi au lycée. Mon chef de travaux, qui n’est autre que mon oncle cette année lâ , me hurle aux oreilles. Il ne voit pas que je mets ? les bouchées doubles ? pour exécuter toutes mes tâches et que je reste, bien après lui, le soir.



C’est alors que les premiers symptômes de la maladie apparaissent liés â tout ce stress.