Association CTAH-Recherche
09 : Un goût de solitude


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

09 : Un goût de solitude

1/01/2008

Témoignages > Cyclothymie > Chroniques d’une cyclothymique

J’habite rue du Pont aux Choux. J’ai toujours trouvé cette adresse hallucinante. C’est la classe d’habiter dans ce quartier du Marais. Au milieu des bobos.
Je suis une bobo tocquée.
Je n’ai pas de fric, mais je suis une bobo quand même. Je bois mon café au Starbucks de la rue des Archives et si je dois acheter un journal ce sera Libé.
Je vais â La Perle pour boire un verre avec Clément.
J’aime Clem comme mon grand frère. J’ai peur de le perdre comme tous les autres. Ce qui me console c’est qu’il est plus vieux, il a 34 ans. Alors, il est peut-être un peu plus mature que tous les autres. J’adore son fils et sa femme. Ce sont mes voisins. Je m’imagine qu’on est des personnages de Friends. Tout est simple, facile. Je passe chez eux boire un verre, â l’improviste, comme ça. Sauf que la réalité n’est pas du tout la même. Clem me demande de partir avant le retour de sa femme pour pas qu’elle me voie lâ .
Retrouvais le sourire quand j’allais chez Ambre. Ai rêvé d’elle cette nuit. Elle m’appelait et je lui disais que j’étais enceinte. Elle rappliquait tout de suite. Elle me manque cruellement. Tellement envie de partager mes secrets avec elle. Besoin de ses conseils. Peut être qu’un jour elle reviendra.
Les escaliers de chez elle me rassurent dès que je les monte, leur odeur.
Trop sentimentale ma fille, trop sentimentale. Tu te feras bouffer.
Qui va vouloir de moi ?
Je suis une boule de sentiments prête â exploser.
Je travaille â mi-temps. D’ordinaire, les gens sont ravis d’avoir un peu de temps pour eux. Moi c’est le contraire, quand je les entends dire ? je n’ai le temps de rien, je cours après le temps? ?. Je me demande ce que ça fait.
Moi, j’ai trop de temps. Je ne sais pas quoi en faire. Ca m’angoisse tout ce temps libre. Personne n’est jamais disponible pour moi. C’est toujours moi qui lance les ? tu fais quoi aujourd’hui ? ? . Ras le bol.
Il faut que je m’occupe. Mais, pourquoi combler le vide avec des choses qui ne feront que cacher la réalité.
On est toujours seul.
Même quand je suis en compagnie, je me sens seule parfois. J’ai de la mélancolie dans les veines, dans la gorge, je ressens un goût amer qui me rappelle que bientôt je serai encore seule.
Je ne profite certainement pas assez du temps présent, j’anticipe trop.
J’ai parfois une rage et une haine en moi qui m’animent face â certaines personnes. C’est très désagréable de se sentir si perturbé dans ces cas-lâ .
Parfois les cons mérite qu’on les ignore, tout simplement. Mais moi, je n’y arrive pas, comme si j’étais désolée de constater avec impuissance leur face irrécupérable. Je suis trop optimiste, je suis souvent déçue d’ailleurs.
Je pense toujours qu’il peut y avoir du bon dans un con. Alors que souvent un con est juste un con.
Voilâ pourquoi je perds de l’énergie et du temps avec des individus qui ne me correspondent pas. Il y a finalement très peu de gens autour de moi qui me correspondent. Il y a forcément le roi Jacopo, il y a Clément, il y avait Ambre, il y a mon pote, et puis je pense que j’ai fait le tour.
Et ce sont les personnes qui me correspondent le plus que je vois le moins souvent bien sûr !
Résultats : kystes aux ovaires dû â un dérèglement hormonal?
Il manquait plus que ça.
Même si ça n’a pas l’air très grave, ça me mine le moral. De ne plus avoir mes règles depuis maintenant deux mois me perturbe.
J’en ai marre.
Mathieu me dit que cet état dépressif me rassure peut-être finalement. Que c’est pour ça que je ne vais pas au bout des choses, comme pour le théâtre par exemple.
Je me complairais dans cette situation parce que je ne connais qu’elle, et que l’inconnu me fait peur ?
Je trouve ce raisonnement trop simple pour l’appliquer â ma personnalité si compliquée.
J’ignore ce qui cloche chez moi.
J’ai pleuré tout â l’heure en me masturbant. J’ai ressenti une grande tristesse et une grande solitude. Envie d’être près de lui. Il me manque et pourtant, je sens que je dois prendre une décision franche en ce qui le concerne. Je ne peux pas continuer â déprimer â cause de lui. Je dois me détacher de son emprise si je veux avoir une chance qu’un jour ça remarche entre nous.
J’ai décidé de le bloquer sur MSN. J’attendrai son retour et qu’il m’appelle.
Encore un week-end qui va ressembler â tous les autres. Mon lit, mon radeau.
Je fais tout dans mon lit, j’écris, je regarde des films quand j’y arrive, je lis, je baise, je dors, je mange, des fois.