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10 : qui suis-je au juste ?


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

10 : qui suis-je au juste ?

1/01/2008

Témoignages > Cyclothymie > Chroniques d’une cyclothymique

Rock and Roll…Ma vie est rock and roll.

J’adore boire de l’alcool. L’avantage quand on prend des médicaments comme moi, c’est qu’il n’en faut pas beaucoup pour que ça fasse de l’effet. J’aime ressentir l’état d’ébriété. Ca m’assomme et j’ai l’impression que les choses deviennent plus simples. Je suis étourdie, tendance â faciliter le moment présent.
Me suis achetée de la Blédine pour bébé. Envi de me caler l’estomac avec quelque chose de doux. Me trouve immonde, grosse. Pas du tout désirable.
Je ne sais pas comment j’en suis arrivée lâ .
J’ignore quel chemin boueux j’ai dû emprunter.

Me sens coupable quand je pense â la somme de travail que mon père abat chaque jour pour nous faire vivre.
J’ai peur de perdre ma mère, ma seule bouée, ma bouteille d’oxygène. Angoisses nocturnes, et désarroi face â la vie.
Envie d’un bébé. Je ris quand je pense â quel point je suis loin du compte.
Dehors, je me sens mal, perdue au milieu des passants. Comme si j’étais transparente, ou trop voyante. J’ai l’impression de ne jamais être au bon endroit quand je marche dans la rue.
Certains quartiers me faisaient du bien spontanément, de moins en moins maintenant. Il y avait Opéra, le Starbucks d’Opéra, Tiffany de la place Vendôme, Hôtel de Ville parce qu’avec Jacopo c’était notre premier rendez-vous…
Je n’existe peut-être pas vraiment, pour de vrai.
J’ai souvent pensé que tout autour de moi n’était qu’une expérience, destinée â m’étudier. Comme si j’étais l’héroâ?ne d’une fiction sans le savoir. Les gens n’existeraient donc pas vraiment non plus.
Je me suis éloignée de la religion. Toujours été attirée par les juifs. Cause de nombreux TOCS au sujet de la Shoah. Enfer de mon adolescence.

Cahiers raturés, j’accusais mes proches, tellement injustifié quand j’y repense. C’est pas facile pour ma famille, cruel pour eux aussi. Ils ont morflé avec moi, surtout ma mère. Je m’en veux de la faire souffrir. Je suis responsable.
Mon psy est le maître de mon existence, c’est lui qui me sauve la vie chaque jour avec le traitement qu’il me prescrit. Pourtant je lui en veux quelque part de ne pas pouvoir réparer le passé. De ne pas réussir â me faire sentir vivante mieux que ça. Je sais qu’il n’y peut rien. Je sais.
Le temps passe lentement et si vite en même temps pour ceux qui ne font rien comme moi.
Je suis dans un cocon. Chaque fois que quelqu’un vient chez moi pour la première fois, il me dit qu’on s’y sent bien, qu’on dirait un nid douillet. Et pourtant personne n’y reste.
Je respire mal, j’ai le sentiment de dormir debout. D’être amorphe.
Qui suis-je au juste ?
Je ne ressemble â rien. Je suis fan d’Hello Kitty et j’aime les films de Woody Allen. Allez-y comprendre quelque chose…
J’écoute aussi bien de la merde commerciale que du rock expérimental…
Je suis une salope et une pucelle effarouchée.
Depuis combien de temps suis-je si différente ?
Est-ce que je suis née pour être malheureuse ? J’ai accès â tout ce que je veux et je ne profite de rien. Je laisse la vie filer comme ça pour du beurre.
J’ai le coeur serré. Il semble retenir de gros sanglots. Je pleure par vagues. Parfois c’est le Sahara, parfois les chutes du Niagara.
Je comprends rien.
Il faudrait que je lise plus souvent mais j’ai la flemme depuis un bon bout de temps. Avant je lisais beaucoup. Maintenant je n’en ai pas le courage.
J’ai la gerbe â l’idée de me regarder encore une fois dans le miroir. Je ne ressemble pas â l’idée que je me fais de moi.
Je suis toujours en quête d’un modèle.
Des nouvelles de Jacopo !!!
Un mail de sa part et je suis au paradis…Il ne me snobait pas finalement. Il s’est même fait du souci pour ma santé.
Malheureusement je ne retiens que l’aspect négatif du courrier. Il évoque vite fait sa copine. J’ignore qui elle est réellement pour lui, car il n’est jamais clair â ce sujet. Il me dit qu’il se sent plus libre seul. Rien n’a changé visiblement. Mais bon, il rentre bientôt.
J’ai tout de suite lu le mail â tout le monde. Besoin d’avoir l’avis des autres.
On me dit que je ne suis jamais contente.
Que je devrais au moins me réjouir du fait d’avoir de ses nouvelles.