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33 : Nouveau départ


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

33 : Nouveau départ

1/01/2008

Témoignages > Cyclothymie > Chroniques d’une cyclothymique

Rock and Roll... Ma vie est Rock and Roll

Je me sens gluante, collée â une vie qui ne me ressemble pas. Elle passe devant moi sans que j’y participe. Elle file, bientôt 34 ans, toujours chez mes parents. Quelque part, heureusement. Je ne me sentirais pas très â l’aise d’habiter seule, je ressentirai encore plus la solitude.
Mais bon, toujours pas de travail?Mes journées sont vides de sens. Elles sont longues â passer, je m’ennuie. Je n’écris plus rien, â part ces chroniques.

Je n’ai presque plus d’amis. Les seuls qui me restent sont les plus fidèles, heureusement.
Comment je me suis retrouvée dans cette galère ? Cela fait 8 ans que je suis en thérapie et franchement, je ne me sens toujours pas guérie.
8 ans que j’ingurgite des molécules, tout ça pour quoi ? Pour ne pas sombrer encore plus.
J’ai eu la chance pendant 6 mois de connaître le vrai bonheur avec Jacopo, voilâ , sinon j’ai passé tout ce temps â ruminer, â combattre contre mes TOCS.
C’est peut être pour ça que je m’acharne sur Jacopo, pour les souvenirs délicieux, l’accalmie quand j’étais avec lui.
Ca fait mal, je souffre en écrivant ces phrases, je me rappelle comme j’ai pu être bien, et comme je suis mal aujourd’hui et depuis tout ce temps.
Il faut que je réagisse, mais j’ai pas envie de rencontrer quelqu’un d’autre, c’est affreux, je ne suis absolument plus dans la séduction, moi qui était coquette et féminine, je me laisse aller, je ne prends plus soin de moi comme avant. Je m’habille avec ce que je trouve, en veillant â ce que ce soit confortable et puis voilâ , le reste c’est loin de moi. Plus de maquillage, sauf si je vois Jacopo, mais comme je le vois jamais ou presque?Ma peau a le temps de respirer !

Je vais commencer une thérapie comportementale de groupe pour les TOC

C’est nouveau pour moi. J’ai un peu peur d’exposer â des inconnus mes TOCS. Mais je sais que ce sera indispensable. J’éprouve une excitation en même temps, celle d’aller enfin mieux pour une fois. Promesse illusoire ou espoir fondé ? On verra ça plus tard.
Je commence â me sentir un peu mieux. L’effet des médicaments certainement. Même si je suis tout le temps fatiguée et que je dors tôt. Je me sens lasse. Mais mieux vaut être ? lasse ? que pleine de tocs â me faire exploser la tête.
Je me rappelle des migraines que j’ai eu â cause de mes TOCS, mon Dieu?Je me déclenchais ça moi même en quelque sorte ! Il y a du masochisme dans les TOCS, j’en suis certaine, même si c’est très inconscient.
Mon chat est toujours présent, mon amour. C’est incroyable ce qu’il peut m’apporter comme bien être. Il est toute une partie de ma vie, témoin silencieux de mes pénibles crises et autres joies. Je le regarde dormir si paisiblement, je l’envie parfois d’être aussi zen.
Je m’en inspire. Je l’aime, heureusement qu’il est lâ .
Seuls, les personnes qui ont eu un animal et une complicité avec, peuvent comprendre. Je plains les autres qui ne les aiment pas. Ils passent â côté de quelque chose.
C’est comme ça.
Je vais me refaire un café, je suis accroc même si je n’en bois que 2 ou 3 par jours, c’est une gentille accoutumance !
Voilâ ?c’est fait.

Le nouveau traitement m’apaise, c’est un confort indéniable, heureusement. Je ne pourrais pas revivre d’épisodes aussi douloureux que celui de cet été. Je ne tiendrai pas le coup. Quand tout n’est que tentative pour aller mieux. Rien ne m’apaise â ce moment lâ . Je suis liée au TOC comme â mon propre corps. Je ne fais que compulser et me sentir menacée par une obsession prochaine. Dès que j’en ai fini avec un thème absurde, un autre déboule et m’enchaîne â lui pour me harceler jusqu’â l’épuisement. Le pire c’est de devoir impliquer les autres lâ dedans. Poser des questions, souvent 15 fois les mêmes â mes proches. Des questions affreuses en plus. Pour être rassurée.
Je suis sans cesse en proie â l’angoisse, pas de répit.
Maintenant que je vais un peu mieux, je suis trop fatiguée pour sortir. Ou alors, j’en ai envie le matin et le soir je suis trop crevée pour faire quoi que ce soit et je n’ai qu’une envie c’est celle d’aller me coucher.
Je n’ai pas vraiment de vie.