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Ma bipolarité a commencé par lʼangoisse et lʼinsécurité


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

Ma bipolarité a commencé par lʼangoisse et lʼinsécurité

20/01/2013

Témoignages > Bipolarité

Je suis devenue quelquʼun qui a vite intériorisé les choses jʼétais une enfant seule, pas solitaire mais seule car les filles me trouvaient bizarre.
Dʼaussi loin que remontent mes souvenirs, jʼai toujours été une enfant hypersensible, très attachée aux personnes, voir fusionnelle, parce que jʼai toujours vécu avec ce sentiment dʼinsécurité, la peur de lʼabandon, la peur de ne pas être remarquée, quʼon mʼoublie. Jʼétais une enfant quʼon pouvait oublier car jʼétais très timide et je ne me faisais remarquer que par mes actes serviables dans le but de faire plaisir et être aimée.

Etre aimée, être remarquée, être toujours dans lʼinsatisfaction...
Je suis dʼune nature très angoissée, très anxieuse. Cela sʼest remarqué par la trichotillomanie dès mes deux ans et demi. Ma mère me disait colérique, au point que ma sœur mʼa un jour rappeler la fois où elle a failli se recevoir une chaise.

Ces débordements étaient plutôt rares au fil des années qui passèrent, du au fait que jʼai vite appris à me taire, à me faire toute petite, car je nʼavais pas le droit de dire non, parce que je vivais sous la terreur des coups de mon père.

Je suis devenue quelquʼun qui a vite intériorisé les choses jʼétais une enfant seule, pas solitaire mais seule car les filles me trouvaient bizarre. Jʼavais bien plus souvent une amie attitrée que je "bouffais", car jʼavais besoin de ces relations fusionnelles

Mes amours étaient de ce mode là aussi si bien quʼà la moindre rupture, la moindre engueulade finissait en autodestruction, en envie suicidaire, parfois mis en acte

Cʼest à partir de mes 14 ans que tout sʼest emballé, lors de lʼannonce du divorce de mes parents dépression, automutilation, abus de bière en cachette, anorexie/boulimie, tentatives de suicides passées sous silence car je ne maitrisais pas les doses de médicaments, crises dʼangoisses à répétitions .....

Jusquʼà ma première crise maniaque franche à 17 ans : une belle crise mystique avec délires, hallucinations visuelles, visions, la certitude dʼêtre envoyée par dieu pour sauver les âmes, avec hyperactivité, multiplication des investissements associatives, jusquʼà la volonté de devenir bonne sœur

Autour de moi, on me traitait de folle, on disait que jʼavais changé, on ne me reconnaissait plus moi la timide, lʼanxieuse, lʼintrovertie, je parlais, jʼavais une voix, je mʼactivais, je vivais enfin, jʼétais heureuse.

Ce nʼétait que le début de cette maladie que lʼon mʼa diagnostiqué à 31 ans seulement, en attendant, jʼai vécu lʼenfer toutes ces années là.

janvier 2013