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37 : mode d’emploi du TOC


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

37 : mode d’emploi du TOC

31/12/2008

Témoignages > Cyclothymie > Chroniques d’une cyclothymique

Rock and Roll... Ma vie est Rock and Roll



La petite mort…

Je me laisse aller. Je retrouve mon lit dès que j’en ai l’occasion. Je n’arrive pas â me concentrer sur la télé, j’éteins, je tente d’appeler le sommeil. Je pense â Jacopo. Toujours pas de ses nouvelles.

J’essaie de travailler en Intérim, mais l’envie n’y est pas.

Il y a un vide dans mon existence et le sommeil le comble. Je suis comme une somnambule en somme.



Je continue malgré tout la thérapie de groupe. Cette semaine on a appris comment fonctionne le TOC.

C’est un trouble neurochimique qui fait que les informations passent mal.

L’angoisse , c’est un manque de Sérotonine qui la crée.

Mais l’angoisse ne serait qu’accessoire, car ce qui prime dans le TOC c’est le rituel.

C’est le rituel qui fout la merde en quelques sortes, c’est lui qui produit de l’angoisse et du doute.

Et enfin, un truc intéressant : on ne doute pas du danger réel. Par contre, dans le TOC, il y a toujours du doute, donc : pas de danger réel !

On peut donc repérer le TOC dès qu’on commence â douter de quelque chose. C’est simple !

En gros tant qu’on n’a pas de preuve sur quelque chose, on peut se dire que c’est un TOC et l’envoyer chier !

Ca paraît simple, mais quand on souffre, quand on est en pleine crise, il faut avoir du recul pour relativiser. Il faut donc faire des efforts, encore une fois.

J’avoue que je ne sais pas trop quoi écrire en ce moment. Je n’ai plus aucune inspiration artistique, c’est stupide. Mais je me sens mal, â la dérive. Je flotte vers le large. Je voudrais me rapprocher du rivage mais j’y arrive pas, je coule dès que je commence â nager. Ma bouée est percée !

Je ne sors quasiment plus, je grossis â vue d’oeil.



C’est fou cette fatigue intense qui ne me lâche pas. C’est une forme de lassitude, envie de rien si ce n’est d’aller retrouver mon lit. Je le répète souvent, mais c’est mon quotidien. Je me lève, je mange, je me recouche. Je sors vraiment quand je ne peux pas faire autrement. Quand j’ai des missions d’Intérim en ce moment. Voilâ . Ma vie.



Hier, pour mettre un peu de piment dans tout ça, j’ai envoyé un sms â Jacopo car ça faisait presque 3 semaines qu’il m’avait dit qu’il allait m’appeler. Bref, je l’ai un peu secoué en lui disant que j’étais déçue de toujours être celle qui faisait le premier pas, que j’allais mal en ce moment et qu’il ne prenait même pas de mes nouvelles, que je ne savais plus quoi penser de lui. Il m’a répondu tout de suite, oh miracle !

Il m’a dit que je pouvais penser ce que je voulais, en tous cas qu’on se verrait bientôt car il venait de rentrer de Prague, et qu’il avait envie de me voir aussi. Il m’a dit « courage loulou ».

Je suis contente, il arrive toujours â me remonter le moral en fait !

J’ai encore effacé son sms, tout de suite. Ca m’angoisse d’avoir un sms qui appartient déjâ au passé et sur lequel je ne peux rien garantir, puisqu’il est dans le passé. C’est tordu mais c’est comme ça.

Il n’y a aucune trace dans mon téléphone, aucun historique d’appel non plus, j’efface tout.

C’est bizarre.



J’aimerais pouvoir me dire que tout le malheur que j’avais â surmonter se trouve maintenant dans le passé. Mais je sais que c’est faux. J’aimerais juste une accalmie. Me dire qu’enfin je vais vivre, même si cela comporte des douleurs â venir. Mais au moins, que je ne finisse pas en légume comme en ce moment.

Je n’écoute plus de musique, je regarde des merdes â la télé pour me distraire. Oui, je regarde des programmes sans intérêts comme ça je n’ai pas besoin d’être vraiment concentrée.

Le moindre effort me coûte. C’est bien triste â 34 ans. J’ai l’impression d’être â la fin d’une vie. Tant mieux, peut être que je vais enfin en débuter une autre.

Je ne travaille plus sur aucun projet artistique, j’ai l’impression que ça sert plus â rien, et puis je n’ai plus d’inspiration. Mon cerveau est ramolli â force d’être couché !

Je n’arrive pas â me définir, je suis floue.