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Que de belles théories sur la vie, mais ?


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

Que de belles théories sur la vie, mais ?

30/11/2010

Témoignages > Borderline > Ecrits dʼune cyclothymique

Abnégation, abandon, dépendance affective, idéaux exigeants... des schémas de vie ou plutôt des pièges de vie

20 Mars 2006


Le 9 Mars: grande date de merde puisque celle où je suis née.
Cà va faire plus de 15 jours que je pleurs tous les jours.
Je lutte perpétuellement contre moi même: ma vie est un auto combat.
Je ne suis jamais au repos sauf quand je bois et je fume des joints, là, mon esprit est suffisamment ralenti pour ne plus penser. Mes pensées sont tournées vers un ?idéal?.
Je ressens tout ce qui mʼentoure comme de la souffrance et quand cʼest beau je pleurs.
Tout est toujours dans les pleurs et la mélancolie.
Je me force à sourire, je lutte pour nʼéprouver que de lʼamour alors que cela devrait être inné.
Je me berce de plus en plus et parfois jʼen suis à mâcher mon paréo comme la tutute de mon enfance. Je régresse. Je me replie et meure à petit feu.
Jʼai de belles théories sur la vie, des espoirs et des convictions mais je ne suis pas heureuse et à 32 ans je doute de pouvoir y arriver un jour.
Mon bonheur ne semble être possible que quand les autres sont heureux.
Ce qui ne semble être ni de mes parents, ni de ceux qui mʼentourent, et ceux qui semblent être sereins, leur bonheur est approximatif dans la mesure où ils ne se posent aucune question et prennent sans réflexion la vie comme elle vient.
Ils ont raison il faut croire, mais il me parait impensable dʼenvisager le bonheur et lʼépanouissement sans réflexion, sans recherche.
Paradoxalement, cʼest cette quête qui me pousse à penser toutes les minutes que Dieu fait, mais cela ne mène à rien puisque rien ne ressort.
Je suis particulièrement bien perdue et enlisée et le danger et la peur ne viennent que du fait que contrairement aux autres épisodes de mélancolie dʼun jour, celui ci dure depuis plus de 15 jours.
Jʼai fini par prendre du Lexomil... Allez hop 1/2 barrette dont je sais que ce médicament va me détruire encore plus mais au moins le temps de son effet je suis ralentie.
Jʼai lʼimpression de muter, de cacher un changement, de lâcher prise de mes dernières entraves mais ce fouillis me donne aussi lʼimpression de devenir ?folle?, ou plutôt que cette ?mutation? va révéler que jʼai réellement une maladie psychiatrique.
Mon visage a beaucoup de difficulté à dessiner un rictus même léger.
Je suis figée dans un faciès de peine et de fatigue.
Je nʼarrive plus à me trouver belle.
Je nʼaime pas...
Je ne vis pas...
Je meure doucement, amèrement.
Je nʼai pas de mot précis à mettre sur ce mal être.
Dans ma folie des grandeurs, je me fais peur à penser pouvoir ressentir ce que le christ a ressenti en subissant tout ce quʼil y a de mauvais dans lʼhomme.
Mon ego est énorme de prétendre pouvoir évaluer et ressentir ce que peut être il a ressenti en voyant les hommes se déchirer, se mentir, se jalouser, se blesser, se détruire...
Cʼest pourtant exactement ces choses qui me blessent aussi, sans prétention.
Comme une éponge, je capte tout ce quʼil y a de mauvais malgré moi alors que je lutte pour ne capter que ce quʼil y a de beau.
Echec cuisant, dʼailleurs je suis en enfer.
Je nʼarrive pas à trouver le maillon manquant.
Si jʼai cette capacité à capter la misère alors cʼest que jʼai les capacités de réfléchir et dʼen détourner ces effets en positif.
Cʼest dans cette réflexion stérile, trop longue, épuisante que je me perds et que je finis par être blasée, fatiguée.
Seigneur, ne veux tu pas me donner la voie, un signe, un guide ?
Si tu les as déjà envoyé, puisses tu mʼouvrir les yeux et faire que la peur sʼen aille et que je puisse agir.