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Un papillon dans une chrysalide


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

Un papillon dans une chrysalide

24/11/2010

Témoignages > Borderline > Ecrits dʼune cyclothymique

Mlle S. partage certains de ses écrits sur sa cyclothymie, à une époque où le diagnostic nʼétait pas posé

14 Mars 2004


Parfois des larmes coulent par amour, sans autre raison.

Comme si mon coeur débordait dʼamour à donner; en même temps, il semble incomplet lui aussi, comme moi.
Quand mon âme se sent seule, cette ˮincomplétudeˮ est due au fait que je nʼai pas trouvé celui qui me donnera la possibilité de remplir cette autre partie de mon âme.
Lorsque mon coeur pleure, cʼest plus vaste, cʼest à la terre, à lʼhumanité que je crie mon amour, mon besoin dʼespérer que chacun dʼentre nous ne rêve que dʼaimer lʼautre, sa propre personne, la vie.

Je suis triste quand les idées, les convictions bonnes ou mauvaises nous poussent à imposer nos vues, souvent par la violence et lʼagression; mais ce sentiment reste plus faible que mon espoir que nous arriverons à ne faire plus quʼun.
Nʼest ce pas ce à quoi nous aspirons durant notre vie quand nous cherchons désespérément à donner notre amour (tant bien que mal) et à recevoir ce même sentiment qui nous rend si léger, si serein ?

Cʼest à petite échelle certes, mais ne mettons nous pas dans lʼautre, celui ou celle en qui nous croyons, le plus profondément, tout cet espoir dʼépanouissement, dʼamour inconditionnel, que nos coeurs en secret désespèrent de pouvoir manifester librement au coeur unique, que chaque partie la plus pure dʼentre nous représente. Parfois le recul me fait réaliser combien nous nous débattons au mieux avec ce que nous sommes, notre histoire, lʼéducation des parents, dʼune société, des blessures.

Jʼaimerais que la capacité au bonheur soit facile dʼaccès de manière égale pour tous.
Je ne doute pas que cette tendance au bonheur soit disponible et libre dʼaccès mais les chemins pour y accéder sont souvent minés et difficiles. La lumière est souvent obscure.Elle tarde à se montrer ou plutôt nous tardons à trouver ses rayons réconfortants.
Je célèbre chaque épreuve de ma vie ainsi que chaque douceur quʼelle mʼa réservée, pour mʼavoir à chaque fin de tunnel offert la voie la plus à même de mʼépanouir, de mʼélever. Parfois le tunnel semblait plonger dans les abîmes, dans les grandes profondeurs, les plus dangereuses car les plus faciles pour soulager rapidement les maux qui me brûlaient au plus profond de ma chair et de mon âme.

Pourtant il a sʼagit parfois de renaissance, dʼéclosion du ˮpapillonˮ, si longtemps enfermé dans sa chrysalide. Cʼest ce que nous sommes tous un peu, un papillon dans une chrysalide...