Association CTAH-Recherche
Pénètre-moi


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

Pénètre-moi

31/12/2008

Témoignages > Scènettes de vécu bipolaire

août 2011

« Pénètre-moi…

Bonne année 2009…et pour commencer l’année….une phase basse, sournoise.

Sournoise parce que pas vraiment dramatique. Je ne pleure pas, je n’ai pas envie de mourir…quel dommage ! Je dors bien…je dors beaucoup, je dors trop…je suis nase.

Mais…mais, je veux qu’on me rentre dedans ! Bon dieu, je veux un peu de violence, je veux qu’on m’envahisse. Je mange, je dévore, je m’empiffre de grosses tablettes de chocolat bien épaisses parce qu’il faut que ça croque, je bois de l’alcool à n’importe quelle heure pour me sentir « partir ». Et je veux un sexe de mec, bien dur, violent. Pas de tendresse…Non, non, non. Rien dans la douceur.

Je ne veux pas d’un chocolat Jeff de Bruges à la cannelle et à la mandarine, je ne veux pas d’une coupe de champagne Cristal, je ne veux pas d’un mec bien qui me cajolerait, me câlinerait, m’offrirait des roses et les chocolats et le champagne qui vont avec.

Pas la peine…Inutile de dépenser tout ce fric…On peut aller direct à la case « arrivée » : un hôtel Formule 1, une bouteille de Martini, une tablette de chocolat noir marque Carrefour et un mec en solde qui me prend où il veut comme il veut…pourvu que l’effet d’ivresse soit fort, rapide et que je me sente exactement ce que je suis ensuite : une vraie merde.

Pénètre moi….alcool, chocolat, sexe…que je sois sale et que j’en crève de honte.

A ce rythme-là, Saint-Elie, je vais prendre 10 kilos en un mois et m’inscrire rapidos aux alcoolos anonymes…sans compter que je vais pas tarder à recommencer à fumer…

Bonne année…donc.

PS : Il y a quand même un avantage à tout cela : je m’ennuyais quand j’allais mieux…et je n’écrivais plus…. ça laisse rêveur…. »


Commentaire CTAH


Ce post correspond à une rechute chez une patiente cyclothymique, mais longtemps non dépistée ni traitée. Cette rechute fait suite à une « bonne » phase de rémission avec des thymorégulateurs.


Cet épisode est fréquent chez les cyclothymiques « impulsifs » caractérisés par la co-occurrence des troubles des conduites (fugues, vols, opposition aux règles et à la loi), les troubles addictifs (abus de substance comme l’alcool ou les stimulants) ou les troubles de contrôle des impulsions (achats pathologiques, jeu pathologique, kleptomanie, trichotillomanie…)

Ces patients peuvent avoir :


  • plus de 10 changements d’humeur par jour,

  • devenir dépendants aux toxiques (cannabis, alcool tabac),

  • passer de cycles de sommeil de 4 à 16 heures suivant mon état,

  • des cycles de boulimie entraînant de l’anorexie, et des conduites de purge (vomissements, laxatifs…)

  • des périodes d’addiction au travail jusqu’à 70 heures par semaine, ou au sport (8 heures de sport par semaine en plus du travail)

  • une sexualité reliée à une position de passivité et d’humiliation (mais toujours un manque fondamental d’affection)

  • des sentiments profonds de rejet « Personne ne m’aime alors que je me sens fantastique, originale, je brille et j’ai l’impression pourtant d’être du plomb »

  • une anxiété de séparation et une réactivité émotionnelle excessive associées â la sensibilité au rejet

  • une hygiène de vie chaotique

  • aucune conscience des dangers ou des risques

  • des obsessions de mort et d’autodestruction

  • besoin incontrôlé de délivrance et de plaisir dans les scarifications et les automutilations...


  • Une jeune patiente a l’habitude de dire « je ne suis personne et deux personnes à la fois : une excellente comédienne et menteuse, une euphorique dispersée »

    Une super synthèse par le Pr Giulio PERUGI


    de l’Institut des sciences du comportement « G De Lisio », Carrara, Italie
    Perugi G, Akiskal HS. (2002). The soft bipolar spectrum redefined: focus on the cyclothymic, andious-sensitive, impulse-dyscontrol, and binge-eating connection in bipolar II and related conditions. Psychiatry Clinical North of America, Dec; 25: 713-737.