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13 : En quête d’harmonie


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

13 : En quête d’harmonie

1/01/2009

Témoignages > Cyclothymie > Dear Siobhan

Occulter tant bien que mal d’éternelles remises en questions.
Il aura fallu que je me dise et sans cesse me le répéter, lors des moments de trêves qui ponctuaient les nombreux accès la mélancolie, que l’espoir et le soutien étaient les clés qui pouvaient encore ouvrir les portes de salles remplies de lumières et de chaleurs. Me dire que je n’étais pas forcément seul â vivre cette maladie, que je trouverais si je regardais bien, une main qui me relèverait, une oreille qui m’écouterait et qui savait ? Et peut-être un jour obtenir ton pardon pour m’y reposer.



Le préavis de 6 mois initial était passé depuis et l’envie insistante de t’appeler d’entendre ta voix s’était métamorphosée en appréhension anxiogène. J’ai décroché de nombreuses fois le téléphone commencé â composer le numéro puis fini par raccrocher en rage. J’avais peur de t’entendre dire de te foutre la paix, d’aller me faire voir, l’écho de tes sanglots tonnait encore dans ma mémoire. Nous avons passé de nombreuses séances â parler de toi, de ces pages que je gribouillais la peine que j’avais â t’avoir vu en peine. Elle m’avait proposé de lui écrire la lettre que j’aurais voulu t’envoyer mais ce n’était pas d’une substitution dont j’avais besoin, mais de toi.



Sur ses conseils, j’ai partiellement rompu avec ma solitude, mais pas de manière radicale. J’ai préféré Internet pour renouer des liens, communiquer en dehors du cadre professionnel. Je trouve le net et les chats très utiles, même si certains voient dans son côté virtuel une perte de chaleur humaine, un abandon relationnel, j’y vois aussi une pertinence et une ouverture vers d’autres formes d’intimité. Des travers existent certes mais selon ses motivations on peut y tirer de la substance, de véritables dialogues, une vision directe sans le filtre des apparences, physiques ou sociales. Sur MSN, j’avais inscrit en épitaphe de mon avatar semi ténébreux, ? Ubi bene ibi patria ? comme pour faire le deuil d’une vie qui depuis mon retour était â contre jour. En funambule aveuglé, j’évoluais en déséquilibre constant sur l’arienne illusion d’une nostalgie mortifère qui niait même la divine osmose qu’il pouvait y avoir entre avenir et espoir. Il est dur de dissocier les hauts des bas, coincé en lévitation bileuse dans un interstice dans lequel passé et présent se chevauchent. On perd tout jugement de bon sens dans ce genre de girouetteries. Peut-être aurai-je pu mettre aussi, ? Ci-gît mes regrets et remords, mes envies d’ailleurs et fuites vertigineuses ?, mon ultime patrie étant mon corps, et ma raison, j’avais donc du dans mon esprit dûment agencer mes hiatus internes, opérer des transitions en quête d’harmonie.



Cesser de me torturer avec les ?ce qui aurait du, pu ou pas, que j’aurais su, tu et cru? qu’a cela ne tienne ne dit-on pas très justement que ce qui est fait ne peut être défait. J’obéissais avec réticence mes malgré tout aux préceptes de câline, prenant acte progressivement et mettant â effets en desserrant mon verrou mental.



Dans la pratique j’essayais de m’y tenir, en plus de retrouver dans l’écho de mes pas baguenaudant sur les pavés de Paname, le tempo de la vie qui foisonne tout autour, je glanais les plaisirs simples de la contemplation et de la spontanéité pour pouvoir goûter pleinement â l’instant. Notion empirique de la vie ? Certainement mais sommes toute, â chacun de l’expérimenter comme il l’entend, pour ma part même â ce jour, j’essaye d’accumuler les grandes comme les petites choses, de la quiétude méditative du silence â l’allégresse des embrassades de mon petit qui en décembre avait fini par digérer les incidents du mois de juillet et acceptait enfin de passer du temps avec moi. En dehors de ce cadre intime, j’avais durant les mois de novembre et décembre eu des contactes réguliers sur MSN avec Laurence que j’avais rencontrée dans l’e-Bar des Bipotes. Lors de ma première connexion, c’était elle qui était venue gentiment â mon secours après le piètre spectacle que j’avais donné en me déversant émotionnellement avant de me faire sèchement mopped par la tenancière. Je voyais du positif dans nos correspondances et dans ses récits, je retrouvais ses angoisses, ses faiblesses, détresses et ses peurs et j’arrivais parfois en essayant de lui redonner un peu de force, â appréhender différemment mes propres tourments.