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03: Retour à la vie active


37 : Lʼangoisse ! Quelle soeur jumelle !36 : Quelques moments de sérénité dans un monde35 : une vie vraiment difficile34 : Maudite hypersensibilité33 : La MDPH me refuse encore un emploi protégé32 : J’écris sous le coup de la peur. 31 : Moi, les autres, le boulot30 : Une souffrance qui n’a pas de nom29 : Prescrivez moi une autre personnalité28 : mes conseils sur la prise des médicaments27 : Je reprends mon journal26 : j’ai besoin de mon day-dreaming25 : L’angle de vue de ma maladie évolue avec le temps24 : Un fond d’angoisse et d’insatisfaction23 bis : guérir au dépend d’une partie de mon imagination23 : patient partenaire22 : Je relis ce que j’ai écrit il y a des années21 : Besoin de construire un présent, penser au futur20 : Je suis stable, mais...19 : Ecrire, çà me déprime18 : Ma réactivité aux psychotropes17 : La question de la dysphorie me tarabuste encore16 : La maladie est une expérience de ma vie15 : rechutes, TOC, délire, insécurité, détresse14 : Chauffarde de la vie13 : La maladie bipolaire serait-elle fatalement le malheur de l’autre ou la déchirure du couple ?12 : Un peu de sagesse pour réduire la chimie de mon traitement11 : Je participe à un forum10 : L’art d’être la seule personne â me comprendre09 : J’en ai marrrrrreeeeeeeuuuuuuu !!08 : couple atypique ?07 : suis-je en dehors des conventions d’une maladie normale ?06 : une journée typique qui se répète05 : Je donnerais n’importe quoi pour sortir de ce puits sans fond04 : Aujourd’hui c’est la tristesse qui me fait écrire03 : Pourquoi autant de plaintes sans fins ?02 : Des petits matins où le café n‘a pas le même goût 01 : Comment être bipolaire aujourdʼhui

03: Retour à la vie active

31/12/2008

Témoignages > Amour, sexe, couples > Couple bipolaire

Ce qui caractérise notre maladie, c’est que les montées et les descentes
Ces phases se suivent inexorablement. Je finis donc par remonter. De toute façon, c’était bien normal : j’étais diagnostiquée, j’avais le bon traitement, un thymorégulateur et un antidépresseur, je ne serais désormais plus jamais déprimée et youpie !

Je repris le travail, la fleur au fusil et la joie au coeur. Le maire, ému par mon histoire, m’avait concocté, avec ma nouvelle responsable, un poste aux petits pois printaniers et fondants : responsable du futur site web de la ville. Je nageais en plein bonheur -et un peu en euphorie, mais ça, je ne maîtrisais pas encore bien, même si la médecin du travail me le fit remarquer, elle connaissait bien ma pathologie pour l’avoir observée sur un proche. Je savais, pour avoir beaucoup lu et pour participer beaucoup à un forum pour bipolaires, le seul forum français existant à l’époque, que l’euphorie était à redouter car elle menait à une nouvelle dépression. Alors je me surveillais et je demandais à Stéphane de surtout le faire, on est soi-même mauvais juge de cet état là. J’avais aussi appris qu’il ne nous fallait pas de stress. J’essayais de me contrôler mais ça n’était pas une mince affaire.

De fait, la mort de Thierry m’avait permis d’être sortie du placard ou mon caractère emporté, revendicateur, inconscient, provocateur, no limites, insistant jusqu’à la déraison et aveugle sur les égos et susceptibilités d’un élu m’avait fait croupir pendant deux ans. Je ne dis pas que mes causes n’étaient pas justes, je dis juste que je les avais bien mal servies et que je m’étais bien desservie.

Alors maintenant, il me fallait la jouer fine. Pas question de rater cette opportunité. Stéphane est un fin stratège et depuis un an et demi que nous étions ensemble, il m’avait enseigné quelques unes de ses ficelles. Un peu réticente au début -comment, moi, m’abaisser à ça ?, j’en avais vite saisi l’intérêt - j’arrivais à mes fins sans dommages pour moi, je ne m’usais plus, j’usais d’intelligence, je gérais mes émotions, quel délicieux changement, fin du tumulte intérieur destructeur et inefficace.

Je mis, tant bien que mal, ses préceptes en application. Et ça fonctionnait. Et quand je n’y arrivais pas, je me retirais dans mon coin, lui téléphonais et il m’expliquait comment reprendre la main.

Pendant mon absence, la responsable du service qui m’avait virée pour placer sa copine était partie. La nouvelle responsable était beaucoup moins tordue. Néanmoins, peu sûre d’elle, elle avait pris en grippe le directeur artistique free-lance qui travaillait pour nous depuis des années et qui connaissait donc parfaitement la maison. Or ce type je l’aimais bien. Et elle était injuste avec lui. Elle pratiquait les petites vexations que peut utiliser tout mauvais responsable quand il a quelqu’un dans le nez. Mais là, je savais que si je m’impliquais à la manière d’autrefois, j’étais cuite définitivement, on ne me le pardonnerait pas, même si Jean-Luc avait les faveurs et l’appui du maire et du directeur général des services. Une troisième guerre avec une troisième cheffe et j’étais morte. Alors je le soutiens lui, mais ne me mouillai pas, je fus en apparence bonne copine avec ma cheffe. Attitude qui ne ressemblait nullement à la Marie d’avant.