05 : A la recherche d‘un nouveau traitement
31/12/2008
Témoignages > Amour, sexe, couples > Couple bipolaire
De mon côté, j’avais quitté le docteur N. pour le docteur H.
Jʼétais à la recherche d’un nouveau traitement, plus efficace. J’avais appris sur un forum qu’il était un des deux spécialistes de la maladie connus et qu’il prescrivait une nouvelle molécule adaptée aux bipolaires dépressifs. Bien évidemment, j’attendais énormément de ma démarche. Un premier rendez-vous avec un psychiatre ressemble à un premier rendez-vous amoureux. Dans l’un comme dans l’autre, on se prépare à entrouvrir son âme. Ce fût d’abord la porte qui s’ouvrit. Sur le maestro himself. Pas très grand, pas imposant -la voix sur le répondeur me l’avait fait imaginer grand, trop mince, très pâle et froid, pourquoi, je ne saurais dire, l’accent me renvoyait à l’Europe de l’Est alors qu’il était méditerranéen, j’avais tout faux, ouf. La poignée de main, le sourire, tout fût chaleureux. L’appartement aussi. Car comment parler de cabinet ! Parquets anciens, canapés moelleux, couleurs de l’Orient, oeuvres d’art modernes, livres d’art aussi sur la table basse devant le canapé sur lequel je choisis de m’asseoir.
Le docteur Hantouche était chaleureux mais passionné. Et comme tout passionné, pas facile à raisonner. Aussi, lorsqu’il décida, quelques mois plus tard, qu’il était temps pour moi de reprendre le travail, je n’arrivai pas à l’en faire démordre. Or j’avais toujours au le plus mal pendant les périodes où je travaillais et mon état s’améliorait lorsque pour une raison ou une autre je n’y étais plus contrainte.
Bien évidemment, je discutais de la situation avec Stéphane, sollicitant une tactique pour contrer l’animal. Pas facile. Et puis à l’époque, j’avais beau avoir mon coach perso à la maison, je n’étais pas encore assez aguerrie pour savoir tenir tête à une aussi forte personnalité. Je finis par demander à Stéphane de m’accompagner à mon rendez-vous suivant, pour m’épauler. Il accepta avec délices, heureux de pouvoir déployer ses talents. Mais pour une fois, ce fut un flop. J’expliquai sa présence en ces termes : "j’ai amené mon avocat" et la réponse, immédiate, fût : "vous pouvez bien amener tout le village". Les points de suspensions qui suivirent me parurent non pas trois comme prescrit par le code typographique mais au moins quarante mille douze. Je dus me débrouiller seule. Je réussis à faire prévaloir mon point de vue. Stéphane me dit ensuite qu’Hantouche ne lui avait quasiment pas jeté un regard. Telle fût leur première rencontre.
Nous étions donc deux déprimés à la maison. Car contrairement à ce que les sites web m’avaient laissé espérer, il ne suffisait pas d’avaler sagement ses petits cachets, même ceux prescrits par "the best", pour que tout soit réglé. Oh, bien sûr, ma dépression, comme celle de Stéphane, d’ailleurs, n’avait rien à voir avec la dépression que je connaissais auparavant. Elle ne faisait pas mal. Nous n’avions pas d’idées noires, ne nous prenions pas pour des nuls, pas d’idées de suicide, rien de tout ça. C’était une dépression a-ga-çante. Elle nous empêchait de sortir (agoraphobie), de voir du monde (phobie sociale), de faire quoi que ce soit (inhibition psychomotrice). Agaçante !

Le docteur Hantouche était chaleureux mais passionné. Et comme tout passionné, pas facile à raisonner. Aussi, lorsqu’il décida, quelques mois plus tard, qu’il était temps pour moi de reprendre le travail, je n’arrivai pas à l’en faire démordre. Or j’avais toujours au le plus mal pendant les périodes où je travaillais et mon état s’améliorait lorsque pour une raison ou une autre je n’y étais plus contrainte.
Bien évidemment, je discutais de la situation avec Stéphane, sollicitant une tactique pour contrer l’animal. Pas facile. Et puis à l’époque, j’avais beau avoir mon coach perso à la maison, je n’étais pas encore assez aguerrie pour savoir tenir tête à une aussi forte personnalité. Je finis par demander à Stéphane de m’accompagner à mon rendez-vous suivant, pour m’épauler. Il accepta avec délices, heureux de pouvoir déployer ses talents. Mais pour une fois, ce fut un flop. J’expliquai sa présence en ces termes : "j’ai amené mon avocat" et la réponse, immédiate, fût : "vous pouvez bien amener tout le village". Les points de suspensions qui suivirent me parurent non pas trois comme prescrit par le code typographique mais au moins quarante mille douze. Je dus me débrouiller seule. Je réussis à faire prévaloir mon point de vue. Stéphane me dit ensuite qu’Hantouche ne lui avait quasiment pas jeté un regard. Telle fût leur première rencontre.
Nous étions donc deux déprimés à la maison. Car contrairement à ce que les sites web m’avaient laissé espérer, il ne suffisait pas d’avaler sagement ses petits cachets, même ceux prescrits par "the best", pour que tout soit réglé. Oh, bien sûr, ma dépression, comme celle de Stéphane, d’ailleurs, n’avait rien à voir avec la dépression que je connaissais auparavant. Elle ne faisait pas mal. Nous n’avions pas d’idées noires, ne nous prenions pas pour des nuls, pas d’idées de suicide, rien de tout ça. C’était une dépression a-ga-çante. Elle nous empêchait de sortir (agoraphobie), de voir du monde (phobie sociale), de faire quoi que ce soit (inhibition psychomotrice). Agaçante !

