05: Je balance mes repères et mes routines
31/12/2008
Témoignages > Comorbidité > Plus tard...
? Plus tard ? mempêche de me cogner dans le mur.
Quand je regarde ma liste de courses, je sais quil faut que je la mette dans mon sac, que je prenne mes cabas, les clés de la voiture et que jy aille. Mais je sais aussi quil faut que je descende les deux étages, que jaille â Intermarché, que je remplisse le caddie, les cabas et quensuite je les porte au deuxième étage et que je range tout ça dans les placards : il faut une motivation extrême pour faire tout ça. Jessaie pourtant denjoliver la réalité : je me suis achetée des sacs super mignons de Melle Marelle : ils sont carrément craquants et drôles et pour les clefs de la voiture, jai un adorable porte-clefs avec des tas de coeurs?
.Mais ça ne marche pas? â cause du mur. Il se dresse devant moi quand je pense aux courses. Il est trop haut. Je ny arrive pas toute seule. Et puis cest très fatiguant de passer sa vie â escalader des murs. Dans ces cas-lâ , je me sens rabougrie, brouillon et très fatiguée. Il y a quelque chose qui me gêne comme si javais sur moi des tas de couvertures lourdes et ? grises-qui-piquent ?. Cest la même chose avec le ménage, le repassage, le dossier â déposer â la mairie, le rendez-vous â prendre chez le médecin. Cest la même chose quand je me trouve grosse et moche : pour me consoler, je mange du chocolat en pensant?plus tard?.il va y avoir un miracle, un déclic et je vais arrêter dêtre un paradoxe â moi toute seule.
Javais des repères avant dans ma vie. Les courses tel jour, le ménage tel jour, le repassage tel jour. Bien sûr, parfois cela me pesait sans doute comme â tout le monde jimagine. Et puis jai balancé tous les repères. Je suis partie â laventure sans boussole et je me suis perdue. Il manquait certainement dans ma vie un peu de fantaisie ; je ne métais certainement pas encore suffisamment trouvée pour apporter chez moi, dans la famille que je fondais avec mon mari, une touche personnelle, autre que celle léguée par ma mère, parfaite femme dintérieure. Alors, je suis allée â la recherche de moi, violemment, brutalement. Jai trouvé un peu. Jai perdu beaucoup. Revenue enfin sur Terre, je réalise â quel point le cadre, les repères, la routine sont des fondamentaux, des essentiels. Sil ny a queux, cest certes lennui. Mais sils ne sont pas lâ , cest lerrance?la condamnation â lescalade, â vie.
.Mais ça ne marche pas? â cause du mur. Il se dresse devant moi quand je pense aux courses. Il est trop haut. Je ny arrive pas toute seule. Et puis cest très fatiguant de passer sa vie â escalader des murs. Dans ces cas-lâ , je me sens rabougrie, brouillon et très fatiguée. Il y a quelque chose qui me gêne comme si javais sur moi des tas de couvertures lourdes et ? grises-qui-piquent ?. Cest la même chose avec le ménage, le repassage, le dossier â déposer â la mairie, le rendez-vous â prendre chez le médecin. Cest la même chose quand je me trouve grosse et moche : pour me consoler, je mange du chocolat en pensant?plus tard?.il va y avoir un miracle, un déclic et je vais arrêter dêtre un paradoxe â moi toute seule.
Javais des repères avant dans ma vie. Les courses tel jour, le ménage tel jour, le repassage tel jour. Bien sûr, parfois cela me pesait sans doute comme â tout le monde jimagine. Et puis jai balancé tous les repères. Je suis partie â laventure sans boussole et je me suis perdue. Il manquait certainement dans ma vie un peu de fantaisie ; je ne métais certainement pas encore suffisamment trouvée pour apporter chez moi, dans la famille que je fondais avec mon mari, une touche personnelle, autre que celle léguée par ma mère, parfaite femme dintérieure. Alors, je suis allée â la recherche de moi, violemment, brutalement. Jai trouvé un peu. Jai perdu beaucoup. Revenue enfin sur Terre, je réalise â quel point le cadre, les repères, la routine sont des fondamentaux, des essentiels. Sil ny a queux, cest certes lennui. Mais sils ne sont pas lâ , cest lerrance?la condamnation â lescalade, â vie.
